Par DDK | 6 Décembre 2018 | 7846 lecture(s)

Emigration Clandestine - Le nombre de morts au large de Tigzirt s’allonge à quatre et un toujours porté disparu

Les premières victimes identifiées

Les recherches se poursuivaient hier encore en fin d’après-midi, pour tenter de retrouver le dernier naufragé parmi les onze ayant tenté la traversée de Tigzirt vers les côtes européennes.

Six personnes au total ont été secourues en mer et quatre autres ont été repêchées mortes des eaux, durant les deux jours de recherches enclanchées par la marine nationale, après l’alerte donnée suite au chavirage d’une embarcation, à bord de laquelle onze harragas tentaient de gagner l’Europe. Ils étaient donc onze jeunes, âgés entre 17 et 42 ans, ayant pris le large dans la nuit de lundi, de la plage de Tamda Ouguemoun, dans la commune maritime d’Iflissen, dans l’espoir de gagner les côtes européennes.

Malheureusement pour ce groupe de jeunes et pour des raisons non-encore connues, leur embarcation pneumatique a chaviré à environ 10 miles nautiques de la plage de Sidi Khaled. Renversés dans l’eau glaciale d’une mer un peu agitée, ils se mirent à lancer des cris d’appel au secours, ont rapporté des pêcheurs ayant lancé l’alerte en direction de l’unité des gardes côtes algériennes. Fort heureusement, un chalutier en sortie de pêche cette nuit-là, était tout près du lieu où l’embarcation a chaviré.

Les pêcheurs qui étaient à bord du chalutier ayant entendu quelques cris dans les eaux, ont d’abord éteint le moteur pour s’assurer qu’il s’agisse bien de cris d’appel au secours, rapporte-t-ils encore aux enquêteurs. «Nous étions à quelques dizaines de mètres du lieu où des personnes en détresse de noyade lançaient des cris d’appel au secours, le capitaine du chalutier a ordonné d’éteindre le moteur et d’allumer les projecteurs. À ce moment, nous avons aperçu des silhouettes tentant de se maintenir sur l’eau. Nous avons pu extraire cinq jeunes, tandis que deux corps gisaient flottants non loin de là», a rapporté le capitaine du chalutier aux services de sécurité ayant pris l’affaire en main depuis hier. Et de poursuivre : «Nous avons sur place alerté l’unité des gardes côtes d’Azeffoun qui n’a pas tardé à intervenir.

Leur première mission sur place était d’évacuer en urgence l’un des cinq survivants que nous avons pu récupérer car il était en situation d’hypothermie très grave, quant aux quatre autres secourus, ils étaient emmenés vers la base nautique d’Azeffoun pour y recevoir des soins.»

Le fil du cauchemar…

Les agents de la marine nationale ont ensuite extrait les deux corps des jeunes décédés qu’ils ont transférés vers la morgue de l’hôpital de Tigzirt. Selon une autre source très bien informée, le harraga hospitalisé à Tigzirt pour hypothermie s’en est bien sorti hier et que son état s’est vite amélioré.

Avant-hier, à peine sorti du coma, le jeune harraga était interrogé par la police pour connaître le lieu d’embarcation, leur destination, mais surtout leur nombre et le propriétaire de l’embarcation, mais «il n’a pas voulu coopérer avec la police», a indiqué notre source qui relate, néanmoins, quelques déclarations que le jeune ait apporté aux policiers : «Nous sommes partis de Tamda Ouguemoun, mais je ne peux vous dire à quelle heure, car il faisait nuit, ni à combien nous étions avec exactitude à bord de l’embarcation, mais je pense que nous étions onze dans la même embarcation. Je ne connais personne parmi les embarqués, encore moins le propriétaire de l’embarcation qui m’a été présenté cette nuit-là et à qui j’ai donné de l’argent monnayant la traversée», a-t-il indiqué aux policiers.

Les enquêteurs cherchaient surtout à savoir le nombre exact de personnes ayant pris le large cette nuit-là pour indiquer les agents de la marine nationale qui poursuivaient les recherches encore hier après-midi. Hier, l’un des deux jeunes morts a été enterré en son village natal à El Kelâa, dans la commune de Tigzirt. Il s’agit de Mohamed Meddour, dit Moumouh, âgé de 29 ans. Quant au deuxième jeune décédé en mer, il s’agit selon des informations recoupées, de Karim Zioui, 42 ans, originaire de Dellys, et il serait le propriétaire de l’embarcation. Selon les mêmes sources, le plus jeune du groupe est âgé de 17 ans et est originaire de Bordj Ménaïel, que les gardes côtes ont transporté vers leur base nautique d’Azeffoun.

M. A. T

5.00