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Dans l’attente d’une solution…….

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Ces grévistes de la faim exigent des pouvoirs publics, leur réintégration à leurs poste d’enseignants de la langue amazighe, qu’ils ont honoré depuis bientôt cinq ans.

Comme il a été signalé dans nos précédentes éditions, une délégation de ces enseignants a été reçue par M. Khaldi, SG au ministère de l’Education nationale, mais sans pour autant trouver une solution adéquate aux doléances des enseignants. Jugeant leur revendication  » légitime « , les syndicats de l’éducation, la LADDH, le HCA, les partis politiques de la mouvance démocratique, des citoyens anonymes, ainsi que les délégués du Mouvement citoyen de Kabylie, ont tous apporté leur soutien aux grévistes. En effet, Belaïd Abrika, délégué de la CADC et Djaffer Abdedou délégué de Bouira se sont déplacés hier sur les lieux de la grève afin de pêter main-forte aux enseignants. Pour le délégué de la CADC, son geste est un soutien à  » une cause juste et exceptionnelle « , car il estime qu’il faut  » trouver des solutions et des mesures exceptionnelles à une situation exceptionnelle.  » Tout en affirmant que la question de l’enseignement de tamazight était au centre des débats lors des négociations Aarchs-gouvernement. Douze ans après son intégration dans le système éducatif algérien,  » nous constatons une régression dans la pratique « . une chose que soutiendra Djaffer Abdedou, qui dira  » qu’un fossé sépare le discours prôné par les pouvoirs publics et la réalité du terrain « . Pour lui, le manque de volonté de généralisation de l’enseignement de cette langue nationale qui se confirme par  » cette vague de licenciements. « 

De son côté, Ferhat Mehenni, président du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), considère que l’enseignement du berbère devrait requérir plus d’enseignants, vu que,  » chaque année le nombre d’élèves voulant apprendre cette langue augmente « . Selon M. Mehenni, cela appelle à augmenter le nombre d’effectifs d’enseignants. Par ailleurs, le président du MAK, estime que  » nous sommes devant un phénomène de leur réduction « , ce qui traduit selon lui,  » le mépris avec lequel le pouvoir algérien traite l’amazighité. » Pour le MAK, la reconnaissance de tamazight comme langue nationale n’est pas  » le fruit d’une volonté politique, mais une contrainte. « 

D’autre part, M. Mehenni exprime toute sa solidarité avec les enseignants grévistes et ajoute que  » nous avons hâte de voir l’autonomie de la Kabylie pour offrir à l’enseignement de tamazight un enseignement sincère, massif et de qualité. » De son côté, l’Association des enseignants de tamazight de Tizi Ouzou, estime que  » cette grève qui est l’ultime recours qui reste pour nos collègues pour faire entendre leur voix révèle dans quelle situation dramatique se trouve l’enseignement de notre langue nationale tamazight.  » Tout en apportant leur soutien aux enseignants grévistes, ils interpellent les autorités compétentes  » à intervenir afin de trouver les solutions qui s’imposent avant que la situation ne se dégrade encore plus. « 

Il se trouve que, selon le président de l’association Mehena Boudinar que le problème soulevé par les enseignants de Bouira n’est pas un cas isolé. En effet, le même problème est vécu par quelques enseignants de tamazight de la wilaya de Tizi-Ouzou auxquels l’administration refuse toujours l’intégration comme enseignants, malgré le fait qu’ils sont en poste depuis 1995.

Devant cet état de fait qui risque de s’aggraver à tout moment, notamment avec l’état de santé des grévistes lequel se détériore de jour en jour, les pouvoirs publics, surtout le ministère de l’Education nationale, semble ignorer cette situation qui les mets devant leurs responsabilités. Une chose désolante…. !

N. Belbachir et M. Mouloudj