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attentes et mirages

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L’insertion de la jeunesse dans l’économie nationale est étroitement liée à la formation et la qualification.Dans ce domaine précis, un dramatique contraste surgit entre les investissements de l’Etat — en termes d’infrastructures et de personnels — et les résultats obtenus. Depuis l’ordonnance de 1976 instaurant l’école fondamentale, cette dernière est assiégée par la médiocrité des programmes, la chute du niveau des enseignants et l’arabisation.Les taux de réussite au bac sont d’une affligeante faiblesse.Ceux qui accèdent à l’université font face à d’énormes difficultés d’assimilation, puisque la plupart des modules sont dispensés en français. A cela s’ajoute l’inanité de la politique de la formation professionnelle qui est en déphasage par rapport aux exigences de l’économie nationale.Avec l’émergence du secteur privé, les incohérences et les tares de la formation professionnelle apparaissent au grand jour : les entreprises ne trouvent pas sur le marché de l’emploi la main-d’œuvre et le personnel d’exécution qualifiés. Les jeunes diplômés de l’université ne trouvent plus de débouchés depuis les restrictions ayant touché la Fonction publique.Le système du préemploi ayant touché l’année dernière quelque 42 000 diplômés de l’université est une simple « perfusion » temporaire donnant aux recrues un « argent de poche » de 5 000 DA, puis de 8 000 DA, mais sans réelles perspectives de permanisation. A ce propos, il n’est pas surprenant que l’enquête du ministère de la Jeunesse et des Sports fasse ressortir comme première préoccupation de la jeunesse le problème de l’emploi.Le panel interrogé répond à 72% que c’est là sa préoccupation majeure.Une étude approfondie sur la jeunesse ne peut faire l’économie de l’intervention des autres secteurs d’activité : éducation, culture, PME, finances, agriculture etc. De la valorisation du potentiel jeunesse dépendront inéluctablement les chances d’aboutissement des réformes que les autorités s’engagent à mettre en œuvre dans les secteurs de l’économie et de la vie sociale.

A. N. M.