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Tribunal d’Akbou : Les non-jeûneurs relaxés

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La chambre pénale a prononcé la relaxe pure et simple des huit non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane au terme d’un procès marqué par les plaidoiries d’une dizaine d’avocats des barreaux de Béjaïa, de Tizi Ouzou et d’Alger dont certains se sont spontanément constitués pour le principe de la défense des libertés de culte et de conscience, à l’image de ceux commis par la LADDH ou de ceux qui ont déjà eu à défendre les non-jeûneurs de Aïn El Hammam.

Soulagement hier à Akbou où des dizaines de personnes s’étaient massées devant le Tribunal pour soutenir les non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane cités à comparaître pour une seconde audience après que la première ait été différée pour absence de témoins appelés à la barre.
La chambre pénale a prononcé la relaxe pure et simple des huit non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane au terme d’un procès marqué par les plaidoiries d’une dizaine d’avocats des barreaux de Béjaïa, de Tizi Ouzou et d’Alger dont certains se sont spontanément constitués pour le principe de la défense des libertés de culte et de conscience, à l’image de ceux commis par la LADDH ou de ceux qui ont déjà eu à défendre les non-jeûneurs de Aïn El Hammam.
Tous auront insisté sur l’absence d’une quelconque incrimination légale de l’attitude de non-jeûne et les principes des libertés de conscience et de culte garanties par la Constitution.
“La Justice des Hommes ferait acte d’usurpation si elle se substituait d’une manière ou d’une autre à Dieu», avait tonné Me Mohamed Ikken, avocat du principal mis en cause, qui avait ouvert le bal des plaidoiries.
Visiblement atteint par la pertinence des plaidoiries, le représentant du parquet de la République ne prononce pas de réquisitoire et se contente de demander l’application de la loi.
Inculpés au terme de l’article 114 bis-2 du code pénal, les huit prévenus risquent entre trois et cinq ans de prison pour offense à la religion musulmane.
A l’image de Arab Chikaoui, les prévenus assument ne pas pratiquer le Ramadan mais nient nourrir une quelconque intention ostentatoire ou provocatrice.
Arrêté le 29 août à la faveur d’une descente de police dans les “locaux pour jeunes” d’Ighzer Amokrane, Arab Chikaoui avait été placé sous mandat de dépôt avant d’être remis en liberté provisoire lors d’une première audience tenue le 6 septembre dernier.
L’affaire qui survient en quasi simultanéité avec celle de Aïn El Hammam où deux ouvriers de confession chrétienne sont interpellés pour non- observation du jeûne, sacré chez les musulmans, provoque un vaste mouvement de la société civile autour de la défense des libertés individuelles et de conscience.
Un comité de soutien aux non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane est constitué à Béjaïa. Dans la foulée, il prodigue son soutien à Tahar Amichi, un jeune cadre du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie ( MAK), interpellé pour avoir tagué des slogans de son mouvement sur les murs de Béjaïa.
Samedi, à quarante-huit heures de la tenue du procès, une conférence sur les libertés de conscience et de culte est organisée à Akbou-même.
L’appel lancé à la mobilisation est bien reçu : hier, plusieurs dizaines de citoyens de diverses sensibilités politiques démocratiques se sont rassemblés devant le tribunal d’Akbou en signe de soutien au non-jeûneurs.

M. B.