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Comment...taire? Regroupement des démocrates

Entre idéal et “ Zaïmisme ”

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Par Cherif A.

Les différentes et cycliques tentatives de rassemblement des forces démocratiques, ont toutes, malheureusement, échoué voire étouffé dans l’œuf. Depuis le début des années 90, les partis de la mouvance démocratique n’ont pas réussi à fédérer leurs énergies en dépassant leurs visions partisanes pour la mise en place d’un espace plus généreux pouvant accueillir l’ensemble de la famille démocratique. A la lumière de la scission que vit aujourd’hui la Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie (CNCD), il est utile de revoir, sommairement, le cheminement des expériences passées. Toutes les tentatives de regroupement, et ce malgré les espoirs qu’elles ont suscités, ont échoué lamentablement. De la coordination des démocrates, en passant par le MPR (Mouvement pour la République) jusqu’au 7+1, les parties démocratiques ont usé leur crédit à coup d’échec, d’intrigues et de guerre de leaderships. De l’idée généreuse et viable de rassemblement des forces démocratiques, à la finalisation du projet, les ego n’ont pas pu résister à la tentation génétique d’hégémonie, de récupération et d’instrumentalisation au profit d’un parti et /ou d’une personne. Des acteurs de la mouvance démocratique sont convaincus que seule leur auguste personne est capable de fédérer et de diriger tout rassemblement, quitte à la faire exploser/imploser si ses desseins sont compromis. Ainsi, l’érosion du crédit des partis démocrates, nous a dirigé vers des alliances contre nature. J’y suis, donc j’existe. En effet, si le changement dans notre pays est souhaité pour tous les instruments, les méthodes et les alliances sont sujets à débat. L’exemple de la composante de la CNCD est édifiant en la matière. Cet instrument est logiquement mis en place par des alliés politiques afin de mener un combat qu’ils partagent et un objectif tracé en commun. Trouver côte à côte, Ali Yahia Abdennour, avocat de l’ex-FIS, SOS disparu et Saïd Sadi, qui a soutenu l’arrêt du processus électoral, est plus que troublant. Il y a bien des personnes qui se sont trompées de marche et d’adresse. Comment peut-on se prévaloir du camp de Mohamed Boudiaf et marcher aux côtés des gens qui ont festoyé le jour de son assassinat ? Comment peut-on revendiquer « le droit à la résistance» contre le terrorisme intégriste et se réunir avec les adeptes et les militants du «qui tue qui»? Si la CNCD est une coordination de démocrates, que l’on nous explique le miracle de cette reconversion de certains qui étaient les promoteurs du contrat de Rome en 1995 et qui se retrouvent labellisés démocrates en 2011. Si la CNCD a pour objectif de faire dégager Bouteflika, qu’elle le dise clairement, ce qui n’apparaît nullement dans ses revendications. Si c’est le cas, les animateurs se doivent d’assumer qu’ils veulent démettre le président avec le soutien et l’appui de Ali Ben Hadj et consorts. La perte de crédibilité est liée directement à l’opacité du discours et aux reniements non déclarés et non assumés. Comment peut-on déclarer « Respecter le combat de Ali Ben Hadj » (Saïd Sadi, in El Khabar), et pérorer sur les plateaux des chaînes françaises sur le combat des démocrates ? Tandis que les membres de la CNCD préparaient la marche du 19 Février, le chef du RCD a squatté les chaînes de télé françaises en parlant en quasi porte parole de la CNCD. Le même chef du RCD, s’offusque que les acteurs de la CNCD l’éjectent de la coordination pour délit de récupération et d’instrumentalisation de leur combat.
La fuite en avant de certains, l’esbroufe et l’intrigue ; d’autres, ne feront que démobiliser encore plus le grand potentiel démocratique que recèle le pays. Le double discours et les reniements ont fini par ronger les espoirs de changement. On demande, à demi-mots, au président de partir et on crie que le système doit changer d’un côté et de l’autre, on continue à percevoir des salaires de l’APN, habiter Club des Pins, se faire protéger son corps par la police…. On dénonce le système tout en profitant des miettes qu’il consent à
nous donner.

C. A.