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TIZI-OUZOU - 19e vendredi de marche

À l’ombre du Rebelle

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Ni la chaleur, ni la fatigue, ni les derniers développements de la situation politique n’ont découragé et encore moins contenté la population de Tizi-Ouzou qui est sortie, hier encore, pour le 19e vendredi de suite, assurer la marche populaire hebdomadaire et renouveler son exigence pour le départ de tous les symboles du système politique.

En effet, le rituel a bien été respecté malgré la chaleur suffocante qui sévissait sur la ville de Tizi-Ouzou dès le milieu de la matinée.

Hier encore, ils étaient des dizaines de milliers de marcheurs à prendre le départ de la manif’, peu après la prière du vendredi, et à sillonner les rues de la ville en reprenant quasiment les mêmes slogans du genre «Système dégage !», «Bedoui dégage !», «Gaïd dégage !», «N’nenad Atrouhem» (On a dit que vous allez partir), «Seraqine Seraqine wiqoulou wataniyine» (Voleur s, voleurs, et ils se disent nationalistes), «Jusqu’au bout, jusqu’à votre départ», «Klitou leblad ya seraqin» (vous avez bouffé le pays, voleurs), «Algérie libre et démocratique», «Oui à la justice ! Non aux règlements de compte»…

Les manifestants ont également rejeté et dénoncé toute allégeance aux Émirats, comme ils ont rejeté toute ingérence de Paris. La procession, toujours chichement colorée des drapeaux national et berbère, a scandé une autre multitude de slogans le long du parcours habituel, soit du campus de l’université Hasnaoua, jusqu’à la place de la Bougie (du côté de l’ancienne gare routière).

Femmes, hommes, jeunes et enfants ont repris dans l’allégresse les sentences à l’égard des tenants du pouvoir entonnées par les animateurs aux mégaphones qui avançaient devant chaque carré. Le chef d’état-major n’a pas été épargné.

La grande nouveauté cette fois aura sans doute été la présence en force de la Fondation Matoub Lounès, sous une double symbolique, à savoir manifester son soutien de manière solennelle au mouvement populaire et, par la même, intégrer la revendication de la quête de la vérité sur l’assassinat dans «la plate-forme» du mouvement. Au carré de la Fondation, mené à l’occasion par la présidente et non moins sœur du Rebelle, Malika Matoub, les portraits du Rebelle, avec une seule mention écrite : Tidhets ! (Vérité !) trônaient en abondance au-dessus des têtes.

Cela dit, la présence des portraits de Matoub dans les marches n’est pas du tout un fait nouveau. Il a été même l’élément constant quasiment de toutes les manifestations initiées en Kabylie.

A signaler, en fin, que la marche d’hier s’est déroulée sans le moindre couac à signaler et les marcheurs ont fini par se séparer dans le calme et la quiétude sous un soleil de plomb, peu après 15 heures.
Amar A.