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Attention ! Facebook tue

Le point

400

Par Ali Boudjelil
Sous la couche d’ozone violentée et dans ce ciel bleu d’hiver, les oiseaux de mauvais augure continuent de planer en toute quiétude et se complaisent à trouver toute la latitude de voler allégrement et de voler des espoirs. Disons-le crument, ou amèrement, le propos le plus lourd et le plus accablant serait d’annoncer à la face d’un visage radieux la disparition d’un être cher. Mais le propos le plus abject et le plus condamnable est de se démener à engager tout un orchestre pour faire entendre un mensonge qui chiffonne. Une fausse information qui heurte, surtout quand elle est relayée par un réseau, n’a rien de social. Les utilisateurs de F.B., l’on pointe évidemment leurs inconscients, ignorent complètement la portée gravissime de leurs actes, car s’ils étaient pourvus de sensibilité, le ciel ne saurait être avare d’averse pour refuser d’altérer les fèves qui tentent de s’élever dans nos jardins.

Les fake news, appelées en aparté les plaisanteries de mauvais goût, montent sur l’estrade de la bêtise. Prendre un malin plaisir à écrire pour partager qu’une figure adulée est morte pour réveiller les glandes lacrymales de ses amis ne peut être considéré, vu et accrédité que pur sadisme. Il y a pourtant de bonnes choses à partager, comme un pain, un verre, un moment, un espoir. Pour peu que nous redevenions ce que nous étions, pour que ce que nous sommes témoigne un jour et pour longtemps de notre sagesse légendaire. Mammeri, Boudiaf, Djaout, Matoub, Cherif Kheddam, Allam ne sont pas morts, et Idir, Aït Menguellet ne mourront jamais. Tout simplement parce que leurs voix sont si fortes qu’elles noient et engloutissent les gilets de sauvetage auxquels les amateurs du sensationnel tiennent à s’accrocher. Longue vie à ceux qui ont bercé notre enfance ou adolescence pour la réveiller ou la replonger dans l’esprit de Novembre. Car, il est fort à parier que ces trouble-fêtes, dans l’école d’où ils sortent, ne voyaient point ce que disait la craie blanche. Seule la noirceur du tableau les intéressait. Triste tableau.
A. B.