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APN - Le groupe parlementaire du FLN gèle ses activités et exige son retrait

Bouchareb poussé vers la sortie

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Le groupe parlementaire du FLN a décidé, hier mardi, le gèle de ses activités au niveau de l’APN jusqu’au retrait du président Bouchareb. Avant-hier lundi, Mouad Bouchareb, a été invité par ses paires à se retirer «de son gré» de la présidence de l’Assemblée. Le groupe parlementaire du FLN a indiqué, dans un communiqué, que le bureau s’était réuni pour «examiner les derniers développements de la revendication du Hirak populaire relative au retrait du président de l’APN, Mouad Bouchareb», appelant ce dernier à «répondre immédiatement à cet appel et à se retirer de son gré de la présidence de l’Assemblée, conformément aux revendications populaires».

Cette revendication intervient pour «préserver la stabilité et la cohésion, dans le respect des statuts et du règlement intérieur du parti, lesquels font obligation aux élus de respecter la direction du parti et de se conformer à ses orientations», précise le communiqué.

Il intervient également «suite à la réunion des vice-présidents de l’APN et des présidents des commissions permanentes avec le président de l’Assemblée, tenue le 8 mai, et à la réunion, jeudi, du groupe parlementaire du FLN sous la présidence de son secrétaire général, Mohamed Djemiai, qui a appelé explicitement le président de l’APN à répondre aux revendications du Hirak et à démissionner de la présidence de l’Assemblée».

Hier encore, à travers un entretien accordé à nos confrères de TSA, Djemiai a rappelé que le départ de Bouchareb «est une exigence irréversible sur laquelle on ne reviendra pas. Parce qu’on a promis de répondre positivement aux exigences légitimes du mouvement populaire qui a demandé son départ. A la question gênante sur ce paradoxe que ce sont tout de même ces députés, qui réclament son départ aujourd’hui, qui l’ont porté haut hier, le nouvel homme fort du moment au FLN fait le mea culpa du parti : «Nous avons le courage de reconnaître nos torts. (…) Mais c’était à travers des ordres reçus (…) d’Ould Abbas (…). Aussi, il y avait des forces extraconstitutionnelles qui s’immisçaient dans le travail du FLN et de l’APN à travers des ordres qu’elles donnaient».

«Impossible de tenir la présidentielle le 4 juillet»

Dans un autre registre, Mohamed Djemiai a, à travers le même entretien, affirmé le soutien du parti à l’institution militaire : «C’est une institution novembriste qui plaide en faveur d’une sortie de crise dans le cadre constitutionnel pour éviter au pays d’entrer dans des dédales incertains». Le nouvel homme fort du moment du parti dit que le FLN, est «contre la transition» à laquelle appelle le mouvement populaire. «Ce sont des périodes qui ont démontré leur inefficacité et leur dangerosité dans plusieurs pays.

Une transition politique signifie l’absence de la force de la loi et celle de la Constitution. (…) Nous soutenons avec force et conviction l’institution militaire qui n’a pas voulu emprunter cette voie à l’issue incertaine (…)», tranche Djemiai tout en nuançant ses propos se disant également «en faveur d’un dialogue constructif, d’une solution dans un cadre constitutionnel. Nous plaidons pour une innovation dans le cadre constitutionnel.

Autrement dit, tout en restant dans l’esprit de la Constitution, nous pouvons innover pour trouver des solutions dans son cadre au travers des concertations avec des constitutionnalistes». Evoquant plus précisément la présidentielle projetée pour le 4 juillet, Djemiai soutiendra quasiment une tout autre projection : «Le peuple demande une élection crédible et transparente. Mais pour que l’élection soit ainsi, il lui faut une commission indépendante d’organisation et de supervision des élections, tel qu’exigé par le mouvement populaire.

Ce qui n’est pas le cas en ce moment. L’autre revendication du mouvement populaire est la révision de la loi électorale. Ce qui n’a pas non plus été fait pour le moment. Pour l’heure, on ne peut donc pas aller à une élection présidentielle sans ces deux conditions sine qua none, à savoir une commission indépendante d’organisation et de supervision des élections ainsi qu’une révision de la loi électorale.

Il faut trouver des mécanismes pour organiser des élections conformément aux exigences du mouvement populaire. On pourrait innover dans le cadre de la Constitution pour retarder la tenue de la présidentielle, mais pas de beaucoup».

Synthèse de Amar A.