Accueil Évènement «Bouteflika n’est plus Président en raison de son état de santé»

AHMED BENBITOUR, ancien chef du gouvernement

«Bouteflika n’est plus Président en raison de son état de santé»

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«Le chef d’état-major de l’ANP, le général Gaïd Salah, qui appelle à l’application des articles 7, 8, et 102 de la Constitution pour une sortie de crise, fait pression sur le conseil constitutionnel qui n’a pas répondu assez rapidement», a indiqué l’ancien chef du gouvernement Ahmed Benbitour.

Intervenant hier sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale, l’ancien chef du gouvernement estime que «c’est parce que Gaïd Salah a finalement compris que la rue était contre cette idée et que le Conseil constitutionnel n’a pas répondu assez rapidement qu’il a décidé de se référer aux articles 7 et 8 édictant que la souveraineté revient au peuple et que celui-ci possède les capacités constitutionnelles pour gérer ses institutions».

Évoquant, par ailleurs, les appels répétés des manifestants à la démission du président Bouteflika, l’ancien chef du gouvernement considère cette idée dépassée, parce que, souligne-t-il, Bouteflika «n’est plus président de la République compte tenu de son état de santé». M. Benbitour accuse, en outre, le pouvoir de Bouteflika d’avoir versé «dans l’autoritarisme, le patrimonialisme et le paternalisme», qui ont contribué, dit-il, à créer des «institutions affaiblies».

Abordant, en outre, la situation de l’économie algérienne, Ahmed Benbitour estime qu’elle a toujours fonctionné sur «la rente et la prédation des phénomènes», qui, selon lui, ont contribué à enfoncer l’économie dans la dépendance. Pour illustrer ses propos, il affirme que les factures d’importation sont passées de 12 milliards de dollars, en 2001, à 76 milliards en 2014 : «Nous sommes en pénurie de moyens de financement aujourd’hui et nous seront en pénurie des moyens de consommation, à partir de 2021», met-il en garde. «C’est cette situation, explique-t-il, qui a amené les Algériens à sortir dans les rues pour réclamer le changement», aidés dans cela par un instrument important qui est les réseaux sociaux.

Il appelle, à cet effet, la rue à se définir un objectif clairement établi et à décider qui sera son représentant, pour faire partir le système actuel de gouvernance et le remplacer. Il note, cependant, que le pays se trouve présentement «dans une impasse», les contestataires du système ne sachant pas comment agir pour faire partir celui-ci, alors que le pouvoir doit se faire à l’idée qu’il doit céder la place, en ne négociant que les modalité de son départ, «le plus rapidement possible». Le Conseil constitutionnel, poursuit l’intervenant, a hésité à appliquer l’article 102 de la Constitution déclarant l’état d’empêchement du président de la République, pour cause de maladie. L’ancien chef du gouvernement suggère de le contourner en respectant les règles constitutionnelles.

En recourant à l’article 7 et 8 de la Constitution, il est possible, selon lui, d’instituer une période transitoire de 8 à 12 mois, sans avoir à passer par la période de 45 plus 90 jours ni à confier nécessairement au président du Sénat la gestion de la transition, une option rejetée par les manifestants.

L. O. CH.