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APC d’Aghbalou

Bras de fer entre le maire et des fonctionnaires grévistes

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Des fonctionnaires de la commune d’Aghbalou, qui observent une grève cyclique hebdomadairement «en guise de soutien au Hirak», décidée par la coordination des travailleurs de la daïra de M’Chedallah, se sont insurgés contre ce qu’ils qualifient de pressions exercées par le P/APC depuis que ce dernier a rendu les éléments grévistes destinataires d’avis de ponction sur salaires.

«Dans les avis en question, il est signifié aux fonctionnaires que leurs absences ne sont pas justifiées et que celles-ci sont passibles de ponction sur salaires», explique un fonctionnaire rencontré la semaine dernière au siège de la maire. Et d’ajouter : «Cela fait plus de deux mois que nous avons opté pour une grève cyclique de trois jours par semaine, puis ramenée à deux jours. Notre action est justifiée contrairement à ce qu’avance le maire».

Dans le même ordre d’idée et pour enfoncer l’exécutif, un fonctionnaire exhibera un procès-verbal de réunion datant du 6 mai dernier et cosigné par des fonctionnaires et l’adjoint au maire et où il est clairement mentionné que «les deux parties ont trouvé un accord pour entamer la grève à partir du 7 mai avec la condition d’assurer un service minimum».

Pour eux, «il y a eu bel et bien un revirement dans les positions du maire». Pour eux, «il n’y a pas le moindre doute que la volonté affichée par le maire est de casser la grève». Une grève dont ils disent qu’elle est «un droit consacrée par la constitution». De son côté, le maire d’Aghbalou, Nacer Hamoum, sollicité pour donner sa version des faits a, d’emblée, rejeté cette forme d’actions de protestation. Selon lui, «la grève cyclique pénalise les affaires de la population et paralyse le fonctionnement de la commune.

La grève cyclique cause des dommages collatéraux car la paralysie de certains services névralgiques durant les jours de grève pénalise la population». Et d’ajouter : «Chaque jour, je reçois des dizaines d’habitants qui viennent me voir pour des problèmes d’eau et d’assainissement mais aussi pour les besoins de documents administratifs (cartes grises, CNI, passeports). Tous ces citoyens repartent bredouille et je trouve cette situation inacceptable». M. Hamoum, qui a qualifié la situation d’intenable, a aussi soutenu qu’«il est là pour défendre l’intérêt du citoyen et celui public».

Tout en se disant pour le Hirak, le maire a toutefois suggéré d’autres formes d’actions et d’organisation qui seront sans répercussions négatives sur les intérêts de la population et qui auront un impact certain. «Je ne suis pas contre le Hirak mais j’estime que la grève cyclique nous pénalise plus qu’elle nous rend service».

Les grévistes n’en démordent pas pour autant et, sur cette «paralysie des services névralgiques de la commune (régie des eaux, ramassage des ordures) en raison de la grève cyclique,» soulevé par le maire, ils rétorquent qu’«un service minimum est assuré durant les deux journées de grève comme convenu et ce, de façon à ne pas pénaliser la population».
Djamel M.