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TIZI OUZOU - Ils ont organisé hier un sit-in au siège de la wilaya

Des élus réclament plus d’équité

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Plusieurs maires de la wilaya de Tizi Ouzou, des élus locaux et nationaux de différentes tendances politiques ont tenu, hier, un sit-in devant le cabinet du wali, à l’intérieur de la cité administrative de la wilaya. Ce sit-in a été une occasion pour les élus de demander plus d’équité et de transparence dans la distribution des budgets et des subventions à l’échelle nationale. Ils ont également exprimé leurs craintes quant au développement de leurs communes respectives.

Ainsi, plusieurs intervenants ont axé leur discours sur l’insignifiance des montants accordés à leurs municipalités et relevé le caractère répressif de ces dotations budgétaires, en plus de la faiblesse de leurs prérogatives. Dans ce sens, ils ont indiqué : «On rejette les restrictions budgétaires drastiques imposées à nos communes pour l’exercice 2020. Un dérisoire montant de 15.000.000 DA par commune en PCD ne pourrait répondre aux besoins urgents d’un seul village, eu égard à la situation de sous-développement que vit notre région depuis des lustres.»

Et d’ajouter : «Pis encore, nos communes demeurent exclues des subventions d’équipement de la Caisse de solidarité et de garantie des collectivités locales (CSGCL) (ex-FCCL), contrairement aux communes des autres wilayas qui sont dotées de sommes faramineuses, sans oublier les différents blocages et les lenteurs administratives.» Concernant cette action, le maire de la commune d’Ath Aïssi a indiqué : «Je tiens au nom de la Coordination des maires à remercier l’ensemble des élus présents à ce sit-in.

Nous sommes aujourd’hui ici pour dénoncer l’énorme et démesurée iniquité qui doit disparaître entre les communes d’un même pays. Comment se fait-il qu’une commune reçoit 50 milliards en PCD et une autre 1,5 milliard. C’est tout simplement de l’iniquité à des fins répressives.» Et d’enchaîner : «Tébessa, en 2019, a reçu 270 milliards pour 28 communes, soit 7,560 milliards par APC en PCD. Chlef a reçu 750 milliards pour 35 communes, soit 20 milliards par commune. La commune de l’Émir Abdelkader à Aïn Témouchent a, elle, reçu 50 milliards de centimes en PCD.

Les exemples ne manquent pas alors que dans notre wilaya, la moyenne des PCD, en 2019, était de 3 milliards de centimes.» S’agissant de l’ex-FCCL (Fonds commun des collectivités locales), le même responsable a affirmé : «Nous n’avons rien reçu. Le problème n’est pas seulement d’ordre financier mais il a aussi trait au statut du maire et de l’élu, des prérogatives des P/APC, de la démocratie participative qui ne figure que sur les textes et qui, apparemment, se limite à l’APC et aux villages, alors qu’elle devrait concerner toute la pyramide du pouvoir de la base au sommet. Nous voulons plus de transparence !»

«L’administration viole le code communal»

D’autres intervenants, à l’instar de Mohamed Klaleche, député de la wilaya de Tizi Ouzou, ont également souligné la disparité, le caractère répressif et le gel des projets. «La commune est censée être la cellule de base de l’État mais actuellement, elle est sa risée. Ni on nous donne les moyens, ni on nous laisse en créer à cause des blocages et des procédures administratives et bureaucratiques. Ce n’est ni au directeur de wilaya ni au wali de décider dans nos communes. Nous devons nous unir pour faire aboutir nos revendications et rétablir notre statut», a-t-il confié.

Par ailleurs, en conférence de presse, la Coordination des maires a répondu aux questions de la presse locale. Et à la question de savoir si l’administration viole le code communal, le P/APC d’Aït Bouaddou et ses collègues ont répondu : «L’idéal, c’est quand les actes sont conformes aux textes. Hélas, ce n’est pas le cas. Le maire n’a aucune autorité sur les services de sécurité, contrairement à la loi. La démocratie participative n’est consacrée nulle part, hormis dans les textes. Nous ne sommes jamais associés à la répartition des budgets. La gestion et la démocratie participative ne doivent pas se limiter aux APC et aux villages. Ainsi, il est clair que l’administration viole le code communal.»

D’autres questions ont été posées par les confrères, notamment sur la consommation des budgets, les projets sectoriels, les entraves administratives… A signaler que les maires et les élus ont prévu une réunion durant l’après-midi de la même journée pour discuter de la façon de faire aboutir leurs revendications. D’ailleurs, une idée sur la formation d’une coordination nationale des élus fait son bonhomme de chemin.

Hocine T.