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GOUVERNEMENT - Il a présenté hier son plan aux députés

Djerad décline les actions urgentes

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C’est un discours plutôt politique auquel s’est livré, hier, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, pour son premier oral devant le Parlement. Très peu de chiffres, mais une noria de décisions que son gouvernement compte prendre, pour la mise en œuvre du plan adopté en Conseil des ministres la semaine dernière. Sans trop s’étaler sur le comment-faire, Djerad a rappelé que «le gouvernement œuvre à contribuer efficacement à l’édification d’une nouvelle Algérie à travers un pacte nouveau».

Ce pacte, selon le Premier ministre, englobe les aspects de la gouvernance politique, économique et sociale. «Le nouveau pacte sera concrétisé à travers le triptyque développement humain, transition énergétique et économie de la connaissance et numérique», a expliqué Djerad. Sur les plans économique et social, l’orateur citera, entre autres, l’augmentation du SNMG, la réduction du chômage en deçà de 10% , la préparation d’une loi de finances complémentaire pour revoir certaines dispositions inhérentes à la fiscalité, etc.

«Nous allons relever le SNMG après consultation avec les partenaires sociaux, c’est un engagement du président de la République pour relever le niveau de vie des Algériens», a annoncé le Premier ministre qui précisera l’engagement du gouvernement à ramener le chômage en deçà de 10% par l’encouragement à l’embauche à travers des allègements fiscaux au profit des chefs d’entreprises. Sur ce sujet, Djerad annonce avoir proposé au chef de l’État de préparer une loi de finances complémentaire dans laquelle seront supprimées les dispositions relatives à l’IRG, notamment au profit des travailleurs du Sud et des porteurs de projets.

Néanmoins, le Premier ministre n’a pas caché «la situation fragile» de l’économie nationale induite par le recul des prix du pétrole, ce qui a généré, poursuit-il, un important déficit de la balance commerciale de l’ordre de 10 milliards de dollars, ainsi que le recul des réserves de change de plus de 17 milliards de dollars. Sur le plan politique, Abdelaziz Djerad a souligné que «le rétablissement et le renforcement de la confiance entre le peuple et ses dirigeants passent par une démocratie basée sur les principes de l’alternance au pouvoir, le respect des libertés individuelles et collectives, la justice sociale et la consolidation de l’État de droit».

Comme il a affirmé que son gouvernement «aspire à une société dans laquelle il n’y aura pas de place pour les différences entre les Algériens, et ce, quel que soit leur niveau social», permettant, selon lui, de «garantir à tout un chacun l’égalité des chances, dans le cadre d’un système démocratique consacrant l’indépendance de la justice et la légitimité des institutions». Très critique envers l’ancien gouvernement et les gouvernements précédents sous l’ex-président de la République Abdelaziz Bouteflika, le Premier ministre assure qu’il travaillera, avec son gouvernement, à «assainir l’héritage désastreux de la gouvernance des années précédentes, par la mise en place de nouvelles pratiques ouvrant la voie à un changement politique et économique auquel aspire le peuple algérien».

Il a également relevé que l’«Algérie a connu, au cours des dernières années, une gestion catastrophique de l’État ainsi que des pratiques autoritaires ayant mené au pillage et à la dilapidation des richesses du pays et à la destruction systématique de ses institutions et de son économie dans le but d’accaparer ses biens». Précisant à cet égard que «ces pratiques ont entraîné la marginalisation des compétences nationales, sincères et honnêtes, déstabilisant ainsi les fondements même de l’État, et menaçant l’unité du peuple».

Pour Djerad, «cette réalité amère avait incité les Algériens, toutes franges confondues, à sortir le 22 février 2019 pour condamner et rejeter cette tentative d’affaiblir notre pays et empêcher par la même que cette situation ne se reproduise plus», rappelant que le peuple algérien revendique un «changement global du système qui est révolu et souhaite l’émergence de pratiques politiques saines et une véritable démocratie, ainsi qu’une gouvernance économique moderne et transparente, à même de prémunir le pays de la corruption, du népotisme et de la désinformation».
M. A. T.