Accueil Évènement «Fructifier les avancées arrachées par tamazight»

SI EL HACHIMI ASSAD, secrétaire général du HCA

«Fructifier les avancées arrachées par tamazight»

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«Il y a une prise de conscience des citoyens de se réapproprier et développer la langue des ancêtres qui nous arrime à la sagesse millénaire de nos aïeux,» dixit, Si El Hachemi Assad, secrétaire général du HCA. Le secrétaire général du Haut commissariat à l’amazighité (HCA), Si El Hachimi Assad, a indiqué, à l’occasion de la célébration du 39e anniversaire du Printemps berbère, que le 20 Avril, en tant que catalyseur d’aspirations identitaires légitimes des citoyens et creuset d’une victoire d’étape déterminante arrachée de haute lutte par eux, est conforté aujourd’hui par la reconnaissance de l’amazighité comme dimension inaliénable de l’Algérie et par l’action du HCA.

M. Assad a indiqué dans le même sillage que le HCA dispose désormais d’une expérience établie et reconnue dans le domaine de la valorisation et de la promotion de la langue et de la culture amazighes. «Notre institution n’a eu de cesse d’affiner son travail mené avec rigueur, patience et constance pour, maintenant, pouvoir tenir compte et répondre aux exigences du terrain», a encore renchéri M. Assad. Au sujet de l’événement en lui-même, Si El Hachimi Assad a précisé que le Haut commissariat à l’amazighité célèbre, comme à l’accoutumée, le double anniversaire du printemps de 1980 et des événements tragiques de 2001 avec davantage de fierté et d’enthousiasme qu’à l’habituel, au regard des perspectives d’essor ouvertes à tamazight par l’action institutionnelle que mène le HCA depuis des années en amorçant un processus de constitutionnalisation officielle et en œuvrant à édifier un principe d’équité de tamazight «aux côtés de nos autres constantes nationales que sont l’Islam et la langue arabe».

Aujourd’hui, a ajouté Assad, «il y a une prise de conscience des citoyens de se réapproprier et développer la langue des ancêtres qui nous arrime à la sagesse millénaire de nos aïeux». «Tamazight a atteint quelques uns de ses objectifs et continue à en réaliser d’autres, et ce grâce au militantisme pacifique et patriotique de générations successives. Rendons hommage à ceux qui ont milité depuis des années. Capitalisons leur combat, car il y en a qui nous ont quittés», a indiqué le même responsable en marge d’un hommage rendu samedi dernier à Alger à Boukhalfa Bacha, ancien animateur à la radio kabyle.

«Loin de toute euphorie mais dans l’objectivité requise, cette avancée ne peut qu’être saluée et fructifiée pour ce qu’elle offre de conditions plus favorables et de voies mieux appropriées pour l’entame des vrais chantiers pour le développement et la promotion de tamazight», a indiqué Assad en ajoutant qu’au delà de cet acquis et loin de toutes querelles et discordances futiles et dérisoires au regard des enjeux, «c’est l’immensité du travail restant à accomplir qui doit nous rassembler».

En fait, estime El Hachimi Assad, aucune ressource n’est à négliger à quel que ce soit le niveau: toutes nos énergies, nécessairement complémentaires, sont à utiliser pour l’atteinte de l’objectif partagé : conférer dans notre pays à tamazight (langue et culture) la place légitime qui lui revient de droit. «Le moment est venu, à la faveur du long et appréciable processus d’accumulation scientifique, autre acquis important engrangé, d’amorcer la dynamique d’affirmation de tamazight dans sa dimension académique la plus féconde, avec la caution des compétences désormais attestées et avérées dans ce domaine.

Le HCA, pour sa part, est d’ores et déjà engagé dans l’édification de la nouvelle étape résultant d’une vraie officialisation de tamazight, sachant qu’il devra essentiellement contribuer à la mise sur rails des projets structurants et d’avenir qui engagent le destin de tamazight, langue et patrimoine de tous les Algériens, en la propulsant vers la modernité», a conclu le responsable du HCA qui est, pour rappel, une institution étatique créée en juin 1995 suite à l’année de la grève du cartable observée en Kabyle à partir de septembre 1994 pour exiger du pouvoir la reconnaissance de tamazight comme langue nationale et officielle et l’introduction de la langue amazighe dans le système éducatif.

Aomar Mohellebi