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31ème marches du vendredi

Grande mobilisation à Bouira

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Malgré la chaleur étouffante et la moiteur ambiante ressenties au chef-lieu de wilaya, les Bouiris n’ont pas hésité, ce vendredi encore, à se mobiliser massivement. Pour ce 31e rendez-vous hebdomadaire, le mot d’ordre des manifestants, outre le refus de la tenue de l’élection présidentielle dans les conditions actuelles, a été l’application de l’article 55-18 de la Constitution. «Il est intolérable que l’on interdise aux citoyens de se rendre à Alger, sommes-nous en état de siège ?», s’interrogeait un médecin retraité de la ville.

Il est vrai que les difficultés rencontrées par les automobilistes dans l’après-midi d’avant-hier et la matinée d’hier vendredi pour rejoindre la capitale étaient au centre de toutes les discussions, quelques minutes avant la marche. Les citoyens, qui attendaient le coup d’envoi de celle-ci au niveau du jardin public non loin de la place des Martyrs de la vieille ville, se sont fermement indignés contre la dernière mesure du chef d’état-major.

A 13h30, et alors que les fidèles n’étaient toujours pas sortis de la mosquée, les citoyens ont investi la chaussée avec un drapeau géant aux couleurs amazighes, annonçant ainsi le début de la marche sous des «Pas d’élections avec le gang», «Makanch intikhabat ya l3issabat», «Les généraux, FLN, RND, Karim Younes, Bensalah, Bedoui, les ministres, dégagez tous ! A la poubelle»… La procession humaine s’est ébranlée en direction de la maison de la culture en entonnant les slogans habituels refusant le calendrier électoral imposé par le chef de l’État.

Pour dénoncer cette élection, et toujours avec leur humour légendaire, les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire une citation de Coluche : «Si voter changeait les choses, il y a longtemps que ça serait interdit», ou encore : «Gardez vos urnes et rendez-nous notre indépendance». D’autres manifestants, avec leurs pancartes, ont encore exigé la libération des détenus d’opinion : «Libérez Karim Tabbou, Bouregaâ, Samir Belarbi», «Libérez zawali et emprisonnez les enfants des généraux», «Pour une justice libre et indépendante», «Non à la dictature»…

La chanson révolutionnaire italienne «Bella Ciao» a été également revisitée en ce 31ème vendredi de manifestation pacifique, en remplaçant Bella par Gaïd : «Gaïd ciao, ciao, ciao». Arrivés devant le siège de la sûreté de wilaya, les marcheurs ont observé une halte en scandant «pouvoir assassin, ulac s’mah ulac» et en agitant l’immense étendard amazigh. Enfin, la marche d’hier, et malgré le surnombre des manifestants, s’est déroulée dans le calme, sans qu’aucun incident fâcheux ne soit signalé.

Hafidh Bessaoud