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Au lendemain du communiqué urgent du ministère de la Défense

La classe politique réagit…

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Le dernier communiqué qui a sanctionné une rencontre au sommet, avant-hier, de la hiérarchie militaire, portant le caractère urgent, a fait réagir la classe politique qui dans sa majorité exprime son soutien à l’institution de l’armée.

Samira Kerkouche, membres de l’instance dirigeante du FLN
«Nous espérons que les choses ne seront pas amplifiées»

Le membre de l’instance dirigeante du FLN, Mme Samira Kerkouche, s’exprimant sur la chaîne El Bilad Tv, a considéré que «… le FLN privilégie l’intérêt général et celui de l’Algérie. Toutes les solutions qui viennent pour répondre aux revendications populaires, pour l’unification des rangs des Algériens et pour la construction de l’Etat de tous les Algériens sont les bienvenues et le FLN les soutient». Mme Kerkouche rappelle que «le FLN a déclaré qu’il soutenait le mouvement populaire dont les revendications aspirent à une Algérie meilleure pour tous ses enfants». Selon l’intervenante, «le FLN espère que notre stabilité soit maintenue» (…) «l’Algérie a traversé des situations très difficiles dans le passé, elle a ses hommes et ses enfants, elle sort toujours vainqueur et son peuple souverain. Nous espérons qu’il n’y aura pas d’amplification des choses, l’Etat et son armée sont un, l’armée nationale est héritière de l’ALN (…) Nous espérons qu’il y aura des décisions au profit de l’intérêt de l’Algérie, c’est tout».

Abdelaziz Belaïd (Front El Moustaqbel)
«Il est obligé d’appliquer l’article 102 et les articles 7 et 8…»

Le bureau national du Front El Moustaqbel, dans un communiqué rendu public, «maintient sa position qui est son attachement à l’application des dispositions de la constitution», considérant que «c’est la voie la plus efficace et sûre pour la sortie de crise et qui évitera au pays toutes les dérives qui pourraient toucher à sa sécurité et sa quiétude, et qui pourraient entraîner le pays et les institutions de l’Etat vers un danger dont il se passerait volontiers». Pour le Front El Moustaqbel, «il est obligé d’appliquer l’article 102, et les articles 7 et 8 en relation, qui rendent le pouvoir au peuple», «il est obligé de soutenir les institutions constitutionnelles contre toutes les parties qui toucheraient à la sécurité du pays, à l’ordre public et l’intégrité territoriale, conformément à l’article 28 de la constitution».

Mohcine Belabbas, président du RCD
«La gravité de la situation exige la transparence»

Pour le président du RCD, Mohcine Belabbas, le premier responsable politique à avoir réagi officiellement au communiqué ur-gent du chef de l’armée, «Gaid Salah commence à s’énerver. Une rencontre qui se serait tenue à Zeralda et à laquelle auraient pris part l’ex-patron du renseignement et le frère de celui qui s’entête à ne pas démissionner, l’a contraint à une réunion d’urgence avec d’autres responsables militaires présents au centre du pays. Le manque de courage pour citer les personnes qui se sont réunies laisse supposer que la partie n’est pas gagnée pour lui. Heureusement que le peuple est déterminé à défendre notre patrie». Selon le RCD, «la gravité de la situation exige de la transparence de la part de Gaïd Salah et non des sous-entendus». À propos de la déclaration comprenant la mention de l’article 8 de la constitution, le président du RCD estime que «Gaïd a mal compris l’article 8». Mohcine Belabbas a ajouté que «les Bouteflika, les débris du DRS et tous les clans du pouvoir qui s’entredéchirent en ce moment sont sommés par le peuple de s’effacer».

Ali Benflis (Talaie El Houriat)
«Ça illustre la volonté de l’ANP pour une issue rapide»

«L’armée a donné une proposition pour une sortie de crise et n’a rien imposé, elle est sur la même longueur d’onde que la population. L’article 07 stipule que le peuple est la source de tout pouvoir. Je pense donc que l’armée suit la vision du peuple. Cet effort que fournit l’ANP prouve le caractère républicain de notre armée». L’appel à l’application de l’article 102 pour Benflis «illustre la volonté de l’ANP à contribuer à trouver une issue rapide à la crise actuelle à même d’éviter que la situation ne se complique davantage». Cela dit, pour Benflis, «l’application de l’article 102 à elle seule ne suffit pas comme base de règlement de la crise politique». Selon lui, il est «nécessaire d’assurer les conditions de transparence pour permettre au peuple algérien d’exprimer son choix «librement et sans aucune tutelle».

Abderrazak Makri (MSP)
«On est avec l’institution de l’armée…»

Dans un communiqué rendu public, le MSP affiche son soutien à l’institution de l’armée : «On est avec l’institution de l’armée en tant qu’institution constitutionnelle dans le cadre de ses missions constitutionnelles». Et d’ajouter : «On est pour l’accompagnement de cette institution jusqu’à l’aboutissement à une solution apaisée, jusqu’à la consécration d’un consensus national sans qu’elle prenne les rênes du pouvoir politique». le MSP a en outre exprimé son soutien «au mouvement populaire et pour la consécration des revendications populaires», «avec la revendication populaire pour mettre fin à l’ère Bouteflika, avec tous ses symboles, ses hommes d’affaires, ses relations douteuses et ses résultats néfastes sur l’économie nationale». Le MSP plaide pour «des élections libres et démocratiques», comme «seul moyen pour que le peuple exerce son pouvoir consacré dans les deux articles 7 et 8 de la constitution».

FFS
«Seule une assemblée constituante…»

Le FFS, qui a rendu publique hier une proposition de sortie de crise plaidant pour une transition sous le contrôle de l’ONU, estime que «l’article 102 ne répond pas aux revendications du peuple algérien qui demande le changement du système et non un changement dans le système». Le plus vieux front de l’opposition plaide pour une assemblée constituante. Pour le FFS, le changement «doit être l’émanation de la volonté populaire par l’élection d’une assemblée constituante souveraine et l’avènement de la 2ème république, c’est-à-dire la consécration de l’Etat de droit, l’alternative démocratique et sociale».

Propos recueillis par H. K.