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TIZI OUZOU - Conférence de presse, hier, du chef de Sûreté de wilaya

La délinquance routière dans… le viseur

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La sécurité routière, impliquant la préservation des vies humaines et des biens,
semble être la préoccupation majeure du chef de Sûreté de la wilaya de Tizi Ouzou. Avec un parc roulant déjà conséquent pour une wilaya à topographie difficile, l’entrée en circulation de plus de 6 800 nouveaux véhicules en 2019, conjuguée à l’absence de la culture piétonne, réduire le nombre de sinistres routiers devient une véritable charge ardue pour les policiers. Bien qu’elle soit titanesque, la lutte contre la délinquance routière à Tizi Ouzou a donné ses fruits, si l’on se fie aux statistiques présentées hier par le premier policier de la wilaya, le commissaire divisionnaire, Madjid Aknouche.

«L’année 2019 fut une année calme sur le plan sécuritaire d’une manière globale, mais je dois attirer l’attention sur les accidents de la circulation qui, même si le nombre d’accidents et de morts reste inchangé comparativement à 2018, j’estime qu’il nous reste beaucoup à faire», a déclaré le chef de Sûreté. Des chiffres présentés, il en ressort que plus de 50% des accidents enregistrés en milieu urbain sont causés par les piétons. «En dépit des efforts des autorités de l’État ainsi que de la police afin de limiter le nombre des accidents corporels, le facteur humain reste en tête des causes de ces accidents», regrette M. Aknouche, soulignant le rôle de l’éducation dans le comportement des personnes sur la voie publique.

Pour le commissaire principal, Azeddine Benaouicha, chef de service de la voie publique, «le facteur humain est derrière la majeure partie des accidents de la circulation dans les zones urbaines, dont plus de 50% sont causés par les piétons». Même si l’effort de la Sûreté de wilaya, notamment dans les actions de sensibilisation et de prévention, sera de longue halène, les premiers résultats sont déjà là, mais ils ne satisfont pas le responsable de la police, puisque le nombre d’accidents a augmenté de 87 cas en 2019 comparativement à 2018, induisant une hausse du nombre de blessés de 105 cas.

Le nombre de morts, qui reste néanmoins stable (10 décès) durant ces deux dernières années, renseigne, on ne peut plus clairement, sur l’efficacité des actions menées par les policiers, même si cela reste à parfaire par l’implication effective des autres démembrements de l’État, notamment les services municipaux et l’administration de la wilaya. «Nous avons formulé plusieurs propositions aux autorités compétentes afin de sécuriser la vie des piétons, mais aucune n’a été prise en considération à ce jour», dira M. Benaouicha.

Son chef hiérarchique, Madjid Aknouche en l’occurrence, appuya ses dires en relevant avoir saisi les autorités administratives sur la gestion des parkings sauvages sans qu’il y ait de suites : «Nous avons recensé 70 parkings sauvages desquels nous avons établis 50 dossiers judiciaires. Et dans l’optique de régler définitivement ce problème qui cause du tort aux citoyens mais aussi à la circulation routière, nous avons ficelé un dossier de propositions pour la création de 15 parkings réglementés et sans incidences négatives sur les citoyens et les lieux publics… Hélas, 14 mois après, nous n’avons eu aucune suite», dira encore le chef de Sûreté de wilaya.

Des propos qui renseignent sur la passivité manifeste des autorités élues et administratives à endiguer la délinquance routière à Tizi Ouzou. Idem pour le plan de circulation qui semble s’éterniser. Annoncé depuis plus de dix ans, le plan de circulation pour la ville de Tizi Ouzou reste le plus vieux projet jamais entrepris. «Nous avons toujours répondu présents pour ce plan. La police a fait maintes fois des propositions d’actions à mener à court terme, car elles sont efficaces et moins coûteuses pour les caisses de l’État, mais nous ne pouvons faire plus, car les services de sûreté ne sont qu’une partie prenante d’une grande équipe pluridisciplinaire dans la réalisation de ce plan», explique le chef de service de la voie publique, le commissaire principal, Azeddine Benaouicha.
M. A. T.