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La détermination populaire ne faiblit pas

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Comme à l’accoutumée, des milliers de marcheurs sont sortis, hier encore, dans la wilaya de Bouira pour exiger le départ du système et surtout dire non à la désignation de Bensalah comme président de la République par intérim. Dès les premières heurs de la matinée et après avoir été refoulés sur l’autoroute Est-Ouest aux environs de Lakhdaria, les manifestants se sont dirigés vers la ville de Bouira pour marcher pacifiquement en dénonçant les «3 B».

Les citoyens venus des quatre coins de la wilaya avaient également pris leurs dispositions est étaient venus massivement avec bus, véhicules et même des camions, dont les bennes étaient remplies de marcheurs. Les deux roues étaient également de la partie est certains avaient parcourus plus de 60 kilomètres pour être présents à cette marche.

Une marche, somme toute, grandiose et c’est une véritable déferlante humaine qui s’est répandue à travers les artères de la ville de Bouira. Sous les slogans habituels «Système dégage, Bedoui dégage, Bensalah dégage, Belaiz dégage, FLN dégage, RND dégage» repris en chœur par la foule, sont venus se greffer d’autres revendications, telles «Syndicat dégage, Sidi Said dégage !» et même «Adirouh Bensalah ad yarnu Gaid Salah».

Les drapeaux vert, jaune et bleu étaient également présents en nombre impressionnant aux côtés des couleurs nationales avec parfois le drapeau palestinien qui s’est invité à cette manifestation pacifique. Côté estimation, une fois de plus, il était impossible de quantifier la foule, étant donné que l’itinéraire de la marche a largement débordé pour faire une ceinture quadrillant l’ancienne ville et la nouvelle ville de Bouira.

Le pont Sayeh et celui menant vers l’université grouillaient de monde, idem au niveau du quartier Château d’eau jusqu’à la place publique, en passant par les ex-galeries, vers le siège de la wilaya jusqu’à Harkat et en redescendant vers la cour de justice. Peu avant 13h, un dispositif policier visible pour une fois s’était déployé autour du pont Sayeh, à proximité du rond-point de l’Emir Abdelkader.

Une présence d’hommes en bleu inhabituelle qui en a interpellé plus d’un. Renseignement pris auprès d’un commissaire, il s’agissait là d’une mesure de sécurité. «Nous avons appris que le socle de la statue était fragilisée et c’est pour cela que nous voulons empêcher les jeunes d’escalader la monture de cette statue», indiquera un officier de la police sous le couvert de l’anonymat. Cependant, cette mesure de sécurité n’a pas pu être appliquée devant le tsunami humain qui a littéralement conduit les policiers de faction à abandonner le cordon de sécurité qu’ils avaient déployé.

«Si cette statue est un danger, alors dans ce cas qu’attendent les autorités pour la déboulonner et éviter ainsi tout risque de danger», s’exclamera un sexagénaire à la face des policiers. Ces derniers, devant autant de monde, n’ont eu d’autre choix que de laisser faire en prévenant toutefois les jeunes manifestants du danger réel d’escalader la statue. La marche s’est achevée sous une pluie battante mais les conditions météorologiques défavorables n’ont pas empêché les manifestants de battre le pavé en reprenant en chœur les slogans hostiles au système en place.

Hafidh Bessaoudi