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TIZI-OUZOU - Au troisième jour du débrayage

La grève continue

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Le chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou était toujours paralysé, hier, au 3e jour de la grève à laquelle ont appelé des anonymes sur les réseaux sociaux. Les dernières décisions prises par les plus hautes autorités de l’État n’ont rien changé à la donne.

La grève est maintenue prouvant que la population n’est pas satisfaite et attend un véritable changement, soit une rupture totale avec l’actuel système et les tenants du pouvoir en place. En effet, à Tizi-Ouzou ville, hormis quelques pharmacies, buralistes et quelques pompes à essence, tout le reste était fermé.

Une simple virée au centre-ville et à sa périphérie confirme que la ville est bien à l’arrêt pour la troisième journée consécutive. En effet, à l’entrée sud, hormis la pompe à essence qui a ouvert son portail aux automobilistes et quelques pharmacies, rien d’autre n’est ouvert. Au niveau de la station des bus et des taxis, même le portail était fermé. Même les marchands ambulants étalant d’habitude leurs marchandises sur le pont ont boudé les lieux.

Un peu plus loin, du côté des grossistes, tous les commerces ont baissé rideaux. Au niveau de l’Habitat, c’est le même topo. En sortant de la cité «l’Habitat», pour remonter vers le centre-ville, le constat est pareil. Sur l’axe principal longeant le centre-ville, le décor est à la paralysie. Les portes, les rideaux et les entrées des magasins étaient pour la quasi-totalité fermés.

À la cité administrative de la wilaya, le constat ne change pas. Toutes les institutions étaient fermées, telle la poste Chikhi, l’école primaire, la direction des télécommunications. À l’intérieur de la cité administrative, le parc qui d’habitude regorge de véhicules était vide, signe que les fonctionnaires et les ouvriers sont en grève. Plus loin en passant par le portail principal de la wilaya, donnant sur la maison de la culture, pas âme qui vive.

Un calme angoissant

Au niveau de l’ancienne placette de la mairie, mêmes les piétons se faisaient rare hier au troisième jour de grève. Le siège de la Sonelgaz, la Poste principale, la mairie étaient aussi fermés. Au niveau de l’ancienne gare, à la placette de la Bougie, c’est le même constat. Plus loin au niveau de la gare desservant la commune de Draâ Ben Khedda, les bus sont déclarés aux abonnés absents.

De retour sur l’axe allant vers Annar Amellal, un tronçon où d’habitude on enregistre des bouchons à longueur de journée, cette fois, l’automobiliste le fait en moins de 2 mn et peut même se permettre de rouler à la quatrième vitesse. Les grossistes ont tous baissé rideaux. À la station de Maâtkas, les lieux étaient désertés par les transporteurs et par aussi les voyageurs.

À la gare multimodale qui d’habitude grouille de monde, de véhicules, de bus, de mini bus, le vide foudroyant et le silence inquiétant s’y sont installés. Au niveau de la Nouvelle-ville, hormis quelques cafés maures, les pharmacies, les cabinets médicaux privés qui sont restés fonctionnels, le reste a été atteint par la paralysie. Le brouhaha habituel de la Tour et les multiples sonorités ont été remplacés par un calme angoissant.

Au niveau de la cité Hasnaoua, le stade du 1er novembre et le CHU Nedir Mohamed et jusqu’au rond point, les gens ne se bousculaient pas. La ville de Tizi-Ouzou se meurt, elle est à l’arrêt pour la troisième journée consécutive. Il faut dire que toutes les activités étaient paralysées. La ville des Genêts a perdu son activité et son mouvement habituel.

On dirait les matinées du mois de Ramadhan avant l’heure, sauf que cette fois les habitants sont inquiets et tristes car personne ne connait le sort que connaîtra la protestation, d’autant plus que les décisions annoncées sont loin de répondre aux revendications de la population. À signaler aussi que l’ensemble des administrations, des écoles primaires, des collèges et des lycées sont restés fermés. Les chantiers, les usines et les entreprises étaient silencieux. L’ENIEM, les briqueteries, les laiteries et les différentes petites entreprises sont à l’arrêt.

Hocine T.