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El-Adjiba

La mairie fermée par des villageois

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Se sentant lésés dans leur droit le plus élémentaire, à savoir l’eau potable, les citoyens du village Azaknoun dans la commune d’El Adjiba se sont donné rendez-vous au chef-lieu de la commune dans la matinée d’hier pour fermer le siège de la mairie à l’effet d’afficher leur ras-le-bol quant à la situation qu’ils subissent depuis longtemps. Arrivés sur les lieux, les protestataires ont cadenassé l’entrée principale de l’édifice, avant l’entrée des fonctionnaires, et ont accroché des pancartes où l’on pouvait lire «l’eau, entre le rêve et la désolation» ou encore «la bureaucratie, sans eau en 2019» et également «les citoyens réclament l’intervention des autorités de la wilaya».

Là, l’édile communal intervient pour discuter avec les citoyens, les invitant à débattre cette question. Ces derniers, intransigeants, ont rejeté l’offre du maire et veulent aller au bout de leur action et ne négocier qu’avec les autorités de la wilaya. «Cela fait presque deux années que nous attendons des solutions pour avoir ce liquide crucial et ô combien vital, mais il semble que nos doléances n’ont pas encore trouvé d’oreille attentive», nous dira Rabah. Ce village qui, faut-il le rappeler, abrite près de 1 300 âmes, souffre, selon les propos des citoyens rencontrés sur les lieux de la contestation, d’un manque flagrant de cette matière vitale et les projets lancés dans le passé n’ont pas étanché la soif des habitants.

«En 2011, un projet dans ce sens a été effectivement lancé dans notre village. Néanmoins, avant même sa mise en service, un autre projet d’alimentation en gaz de ville est lancé lui aussi. Ce dernier a causé des désagréments au premier réseau où la tuyauterie a été perforée à différents endroits. Cela complique davantage l’écoulement de l’eau dans les robinets», enchaîne Lounis.

Il faut dire que les habitants d’Azaknoun se trouvent face à une situation des plus délicates, qui les contraint à s’alimenter en cette matière précieuse à l’aide de citernes dont les prix affichés ne sont pas à la portée des petites bourses. «Nous payons 1 200 DA la citerne et à l’approche de la saison des grandes chaleurs, où la consommation et l’utilisation de l’eau sont grandes, nous déboursons des sommes importantes et beaucoup de villageois ne sont pas en mesure de faire face à cette situation», nous déclarent les contestataires. Pour avoir la version des élus, nous nous sommes rapprochés d’eux, lesquels nous ont apporté quelques précisions sur les budgets alloués à cette localité.

Et de déclarer : «Dans le budget primitif de la commune pour l’exercice en cours, 360 millions de centimes sont engagés pour l’achèvement de la station de pompage de Belghit. Dans le cadre des PCD, une coquette somme est dégagée pour la rénovation du réseau AEP reliant Azaknou à Chréa dont la consultation est d’ores et déjà lancée, en attendant juste le choix d’une entreprise qui prendra en charge ce projet.»

Toujours dans le cadre des PCD, une autre enveloppe de 450 millions de centimes est affectée pour l’achèvement de la station de Belghit. Enfin, dans le cadre du Programme sectoriel, la Caisse de garantie et de solidarité des collectivités locales (CGSCL) a débloqué une enveloppe financière de 1 milliard 500 millions de cts pour l’achèvement de cette station. Certes, avec ces quatre opérations, ce problème sera sans nul doute résolu mais les villageois, las d’attendre, craignent de passer un énième été en souffrance.

Smail M.