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Béjaïa

La mobilisation toujours de mise

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Deux jeunes manifestants déployant une banderole, rappelant l’une des primautés défendues par Abane Ramadhan lors du Congrès de la Soummam, prirent la tête de la 27e marche antisystème, organisée hier dans les rues du chef-lieu de wilaya de Béjaïa. «Primauté du civil sur le militaire», pouvait-on lire sur cette fameuse banderole.

Occupant un boulevard long de plusieurs centaines de mètres, une foule compacte scandait «Dawla madania machi âskaria», «Y en a marre des généraux», «État de droit, pas celui du téléphone», «Le peuple ne veut pas d’un pouvoir militaire», «Les Algériens khawa khawa», «Bensalah, Bedoui, Gaïd, Karim Younes, dégagez», «Ulac l’vote ulac». Comme chaque vendredi, et ce depuis le 22 février, des dizaines de milliers de Béjaouis ont battu le pavé pour réitérer les exigences et afficher leur détermination à poursuivre leur mouvement jusqu’à la chute du régime. «Pas de recul», signalait-on sur l’une des nombreuses pancartes brandies. Drapés de l’emblème amazigh et du drapeau national, les manifestants semblaient en phase avec l’actualité politique du pays, rejetant en bloc le panel de dialogue conduit par l’ex-président de l’assemblée nationale Karim Younes.

«Le panel de Karim Younes à la poubelle», écrit-on sur une pancarte. Et un autre manifestant prophétise que «sans la transition démocratique, l’échec est une certitude». Après avoir parcouru un peu moins d’un kilomètre, les manifestants ont marqué une halte au niveau du carrefour Matoub Lounes, où une minute de silence a été observée à la mémoire des martyrs du Printemps noir et de la démocratie. Aux sons de «Pouvoir assassin», la foule reprit, sous un soleil brûlant, sa marche vers le boulevard Amirouche. Après avoir déserté, lors des quatre derniers vendredis, les manifestations, les femmes étaient, hier, de retour, en participant en force au 27e vendredi de mobilisation populaire contre le pouvoir.

Pour un avant-dernier vendredi de mobilisation populaire d’un mois d’août brûlant, il est à relever que la marche organisée, hier, dans la ville de Yemma Gouraya a été imposante et riche en enseignements. Imposante de par le nombre de manifestants qui ont maintenu la mobilisation intacte et porteuse de messages limpides adressés aux tenants d’un pouvoir réticent au changement. Un pouvoir qui tient à sa feuille de route, en voulant aller vers une présidentielle que d’aucuns rejettent. Le peuple, quant à lui, réclame «un changement de système et non un changement dans le système.»
Dalil S.