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Point d'ordre

La République, la démocratie et le vote

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Par S Ait Hamouda

Une bonne partie du Hirak est contre les élections et l’autre partie, qui n’est pas moins nombreuse, est pour la participation. Que devrait-il donc se passer le 12 décembre prochain ? Si tout se passe bien, il y aura, d’une part, les participationnistes qui vont se réjouir de leur adhésion au processus électoral, et de l’autre, ceux qui sont contre lesquels vont jubiler de leur non-participation, qu’ils considèrent comme une façon de contrer la «Issaba». Mais dans tout ça, les contre et les pour se retrouvent dans un face-à-face vertigineux.

Pour les deux, il y a un dilemme inextricable qu’ils ne peuvent trancher par leurs positions contradictoires. Ceux qui disent oui aux élections, ce qui est à leurs yeux une victoire pour l’Algérie qui va en finir, par là, avec la crise et se retrouver sous les meilleurs auspices, pensent permettre au pays d’avancer. A contrario, ceux qui prônent l’abstention, ils le font par amour pour le pays, et ils comptent, par leur geste, le préserver des aventures passées. Quoi qu’il en soit, le meilleur et le pire sont dans l’illusion qu’une partie a raison et l’autre a tort. Il va nécessairement falloir trouver la solution idoine dans l’unité des Algériens et pas dans leur division, qui sera la pire que connaîtra l’Algérie depuis son indépendance.

Que ceux qui sont pour fassent leur devoir en leur âme et conscience et ceux qui sont contre le suffrage aillent à la pêche ou vaquent à leurs occupations sans déranger personne, sans empêcher qui que ce soit d’accomplir ce qu’il est en droit de faire ou ne pas faire. La démocratie, c’est ça et pas autre chose. Qu’on se le tienne pour dit : en République, la parole est divisée, qu’elle soit bonne à dire ou mauvaise, elle tient pour une expression libre. Normalement, un pays est divisé en différentes positions contradictoires mais qui se complètent au bout par un débat, par une discussion, par une négociation pour qu’à le fin, on puisse trouver sur quoi s’entendre, sur quoi être d’accord malgré tout.

S. A. H.