Accueil A la une L’affaire «El-Waâd Sadek» loin d’être close !

BOUIRA - Les victimes attendent toujours la fin de la procédure de dédommagement

L’affaire «El-Waâd Sadek» loin d’être close !

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L’affaire El-Waâd Sadek, qui avait défrayé la chronique et fait couler beaucoup d’encre, est revenue au devant de la scène, hier matin, au chef-lieu de la wilaya de Bouira. En effet, plusieurs dizaines de victimes de cette SARL ont tenu un rassemblement de protestation devant le siège de la direction de l’Agence foncière de la wilaya, afin de réclamer l’intervention de son premier responsable pour lever les nombreux «blocages et entraves», qui freinent l’opération de dédommagement décidée par la justice, en 2016. Ainsi et durant la matinée d’hier, un groupe d’une dizaine de victimes de cette entreprise s’est regroupé devant le siège de l’Agence foncière, où il a exprimé son exaspération et son ras-le-bol face à la lenteur des procédures pour la récupération de leurs biens, comme décidé par les autorités judiciaires.

Dans le détail, les protestataires ont expliqué que suite à une plainte collective, déposée par 300 anciens clients de cette SARL, à l’encontre de son gérant, la justice a décidé de la saisie de l’ensemble de ses biens immobiliers. Dans cette optique, un terrain d’une superficie de plus de 140 ha, sis au centre-ville de Sour El-Ghozlane, au sud de la wilaya de Bouira, a été saisi par la justice. Suite à une vente aux enchères infructueuse, en raison du prix élevé de ce lot de terrain, la justice a décidé de répartir ce dernier en un ensemble de lots avec différentes superficies. Ces lots ont été par la suite attribués à 300 clients de la SARL El-Waâd Sadek, selon les dettes de tout un chacun, à raison de 9.500 DA le mètre carré et selon l’expertise d’un spécialiste du foncier. Cependant, cette procédure n’a toujours pas été achevée, malgré l’existence de deux jugements exécutoires de la Cour de Bouira et de la Cour suprême datant de 2014.

Selon les concernés, la cause de ce retard est la non-publication des actes de propriété par l’Agence foncière de Sour El-Ghozlane qui est habilitée, selon la réglementation. Un retard qui exaspère les concernés, lesquels s’interrogent sur les véritables raisons bloquant cette dernière étape, avant l’achèvement de la procédure. «C’est une démarche qui ne devrait pas prendre plus d’un mois, surtout que c’est une procédure judiciaire. Malheureusement, nous attendons la publication des nouveaux actes depuis 4 années et nous n’arrivons pas à comprendre les véritables raisons de ce blocage…

A chaque fois que nous demandons des explications à l’Agence foncière de Sour El-Ghozlane, on nous dit que le directeur, qui doit signer ces actes, est absent ou en congé. Actuellement, il a pris un nouveau congé d’un mois. C’est pour cela que nous nous sommes déplacés pour voir le directeur de wilaya, qui pourrait probablement nous fournir plus d’explications à ce propos !», a indiqué l’un des protestataires. Pour rappel, l’ex-gérant et fondateur de la SARL El-Waâd Sadek, Moulay Saleh, a été condamné par la justice à une peine de 10 ans de prison, en décembre 2015. Il avait été reconnu coupable dans de nombreuses affaires d’escroquerie et de détournement de fonds.
Oussama Khitouche