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DIALOGUE NATIONAL Il menace de suspendre, voire dissoudre, le panel

Le coup de colère de Karim Younes

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Karim Younes, le président du panel des six personnalités devant mener le dialogue national inclusif, a jeté, avant-hier soir, un pavé dans la mare, menaçant de suspendre les travaux de son groupe, voire sa dissolution.

En effet, l’ancien président de l’APN (2002/2004) a même menacé de dissoudre le panel. Sous le titre, «Vérités et transparence : Le respect des engagements ou la rupture», Karim Younes, pressé par la rue, notamment la réaction des manifestants, vendredi dernier, a apporté un tranchant point d’ordre aux tenants du pouvoir sans nommer personne, outre mesure.

Dans son message posté avant-hier soir sur son compte facebook, Karim Younes a rappelé les sept préalables posés au chef de l’État, Abdelkader Bensalah, pour amorcer le processus du dialogue national inclusif. «Cette semaine sera décisive. Si les engagements pris par la Présidence ne connaissent pas un début d’exécution, le panel, Tajma3th n’el khir, se réunira et examinera l’éventualité de la suspension de ses travaux et pourra même aller jusqu’à son autodissolution», a averti le président du panel dont fait partie, rappelons-le, Benabbou Fatiha, Lalmas Smail, Lazhari Bouzid, Abdelwahab Bendjelloul et Benaissa Azzedine.

Karim Younes fera rappel des sept préalables posés au chef de l’État que celui-ci aurait accepté, à en croire l’ancien président de l’APN. Il s’agit de «l’impérieuse nécessité de la libération de tous les détenus du Hirak, dans l’urgence, dans un premier temps», «le respect du caractère pacifique des manifestations par les forces de l’ordre», «la cessation des actes de violence et d’agression à l’encontre des manifestants pacifiques du Hirak et des étudiants», «l’allègement du dispositif policier notamment dans la capitale lors des marches hebdomadaires», «l’ouverture de tous les accès à la capitale les jours des marches», «la libération du champ médiatique tel que revendiqué par les professionnels de la presse et souhaité par la population en général», et enfin, «l’appel unanime au départ du gouvernement en place et son remplacement par un gouvernement formé de technocrates non partisans».

À rappeler que les six personnalités formant le Panel de personnalités «crédibles» qui se sont engagées à mener le dialogue national inclusif, en réponse au discours du chef de l’État du 3 juillet dernier, ont rencontré jeudi dernier, (voir notre édition d’hier) Abdelkader Bensalah. Lors de cette rencontre, le chef de l’État a concédé, entre autres, au Panel, la liberté de «proposer toutes mesures qu’il considère de nature à favoriser l’apaisement et le rétablissement de la confiance.» Et les six personnalités n’ont pas manqué de poser leurs sept préalables à satisfaire avant l’entame du processus du dialogue qui semble patauger, si l’on se réfère à la sortie publique de Karim Younes, avant-hier soir, après avoir essuyé d’acerbes critiques de la part de pans de populations à l’occasion du 23e vendredi du mouvement populaire qui «rejette tout dialogue avec les bandes».
M. A. T.