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Suspension des sanctions, retour au CN issu du 5e congrès…

Le FFS se fait «Reset» !

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Frappé par une crise sans précédent, le FFS tente de recoller les morceaux en appelant à un congrès rassembleur à travers une déclaration intitulée «Pour l’unité et la pérennité du parti».

«Depuis son Conseil National tenu le 25 janvier 2019, le parti est confronté à une crise qui menace sa cohésion interne et son devenir dans un contexte national de révolution populaire et d’autoritarisme d’un régime qui s’oppose à tout changement du système», écrivent d’emblée les rédacteurs du document.

«Jusqu’à présent, toutes les manœuvres du pouvoir pour neutraliser le FFS ont échoué, grâce à la cohésion de sa base militante qui, malgré les différentes crises internes qui ont secoué le parti, est restée unie derrière sa direction et fidèle à ses principes», poursuivent-ils. «Désormais, le Pouvoir ne désespère pas d’y parvenir, à présent que des fractures internes sur le plan politique et organique apparaissent au grand jour et fragilisent le parti», constatent-ils. Et d’appuyer : «Tout indique que le pouvoir s’apprête à engager des représailles contre le parti et ses dirigeants pour leur soutien au mouvement citoyen et leur opposition intransigeante à l’agenda du régime visant à imposer une élection présidentielle sous son égide et sans transition». Pour l’instance présidentielle (Laskri, Cherifi, Meziani), le premier secrétaire, Hakim Belahcel, et le coordinateur du comité d’éthique, cosignataires de la déclaration, «les refus d’accorder des autorisations de réunion dans des salles publiques en sont les premiers signes.

La sur- médiatisation de tout ce qui peut susciter des conflits et accentuer les divisions au sein du parti, à travers ses relais médiatiques (télévisions, presse et réseaux sociaux), confirme le sinistre dessein du pouvoir de neutraliser le parti, voire de le faire imploser». Face à cette situation, indique-t-on, «plusieurs initiatives ont été lancées par des camarades, en vue de proposer des solutions pour unifier les rangs du parti et assurer sa pérennité, face à un régime qui menace son existence par tous les moyens».

La direction nationale du FFS, explique la déclaration, «a toujours encouragé toutes celles et tous ceux qui ont œuvré à l’unité du parti. C’est dans cet esprit qu’elle a initié, depuis plusieurs mois avec des militants et cadres du parti, un dialogue inclusif à même de trouver, dans la discussion et la concertation, une solution à cette crise interne qui n’a que trop duré». Les rédacteurs estiment qu’il «est urgent et impératif que le parti retrouve son unité et sa pleine capacité d’action, pour résister aux manœuvres du pouvoir et se maintenir à l’avant-garde du combat politique, en ce moment historique où le projet du FFS, visant à instaurer un État de droit démocratique et social et l’avènement de la 2ème République, constitue la base des revendications du mouvement citoyen et y trouve sa consécration».

Vers l’annulation des sanctions et le report du congrès

«Dans le contexte actuel, il devient évident à tous que la désunion ne permet pas d’organiser un congrès national rassembleur», regrette-t-on, tout en plaidant pour une solution politique, «compte tenu des circonstances exceptionnelles que traversent le pays et le parti et des insuffisances des statuts du parti pour la médiation et le règlement des différends». Pour les rédacteurs de la déclaration, «il ne s’agit nullement de déjuger les décisions prises, mais d’apporter les solutions pour sauvegarder l’unité du parti».

Ils rappellent que «de son temps, notre feu président, Hocine Aït Ahmed, allah irahmou, tranchait naturellement les différends sans se heurter à une opposition quelconque, son autorité étant incontestable», remettant en question l’efficacité de la présidence collégiale : «Force est de constater que la présidence collégiale qui lui a succédé, dont la responsabilité statutaire est d’assurer l’unité et la stabilité du parti, n’est pas en état de procéder de façon consensuelle aux grands arbitrages qu’exige la situation. C’est la raison pour laquelle nous considérons que seul le Conseil National issu du 5ème Congrès National Ordinaire est à même d’assurer la mise en œuvre de toute solution visant à sortir le parti de la crise qu’il traverse et ce conformément aux statuts du parti».

Nouvelle évaluation de la question du retrait des parlementaires

À cet effet, souligne-t-on, et «dans le but de créer les conditions et le climat nécessaires, la direction nationale décide de suspendre à compter de ce jour toutes les sanctions prises depuis le dernier Congrès National extraordinaire à l’encontre de ses militants, de traiter au cas par cas les autres sanctions prises avant ce Congrès et de réunir dans les plus brefs délais le Conseil National au siège national. Sur la base de la composante du Conseil National tenu le 25 janvier 2019, incluant les membres du Conseil National, concernés par la présente décision de suspension des sanctions». Le Conseil National ainsi rassemblé aura notamment à examiner les points suivants, note-t-on : sur le plan organique : «Débattre et Acter la décision d’annulation des sanctions ; Adopter la feuille de route pour la préparation du 6ème Congrès rassembleur ; Arrêter la date du 6ème congrès national: à confirmer (27-29 septembre) ou à reporter en fonction de l’état d’avancement de la préparation ; Organiser l’audit qui doit constituer le cadre approprié pour débattre sereinement des questions politiques et organiques et tirer les leçons des dysfonctionnements non pas pour situer des responsabilités qui sont collectives, mais pour renforcer la cohésion interne et la bonne gestion du parti».

Sur le plan politique : il est question de «Débattre et évaluer la situation politique nationale et la stratégie adoptée par le parti ; Débattre de l’action et de la position de nos élus au sein des institutions, notamment dans le contexte politique actuel, qui nécessite aussi une nouvelle évaluation sur la question du retrait des parlementaires dont la décision doit être avant tout motivée par l’intérêt des citoyens, du pays, du mouvement citoyen et du parti». Il est aussi question de «proposer la mise en place d’un Comité Ad-Hoc consensuel qui aura pour mission principale de préparer ce Conseil National et de réunir les conditions de sa réussite. Pour cela, le Comité devra élargir la concertation, par une démarche inclusive, en vue de parvenir à un large consensus sur les réponses aux questions à l’ordre du jour de ce Conseil».
Kamela Haddoum.