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Le guerrier se repose

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Par Ali Boudjelil

«Le pâle éloge d’une belle chose est une offense» est une sentence d’artiste, Gustave Courbet, à méditer. Car la belle chose qu’on gardera de Gaïd Salah mérite tant d’éloges. Depuis le 22 février, ça marche et d’effusion de sang, point, et ce, grâce à la sagesse du guide qui vient de tirer sa révérence sans avoir tiré sur aucun de ceux qui lui disent chaque vendredi : dégage ou tais-toi. Notre gardien de la paix aura su mettre sur rail l’Algérie nouvelle que souhaite tout enfant de ce pays qui a longtemps espéré ne plus voir pousser des chiendents sur ses terres.

L’effort de cet homme que Dieu a rappelé en cette fin d’année, tout juste après l’accomplissement du devoir suprême qui lui tenait à cœur, consistant évidemment à redonner espoir, à balayer pour écarter et faire taire et à éviter la descente aux enfers pour que les portes du paradis s’ouvrent, même avec un peu de retard – les bonnes choses peuvent attendre – est à consigner sur les pages de l’histoire, déjà si riche en hauts faits d’armes, de notre chère patrie.

Son successeur aura certainement chaud au cœur de poursuivre ce noble combat et M. Tebboune voudra sûrement avoir le cœur net d’accorder son violon avec tous ceux qui auront à exécuter la symphonie écrite une semaine avant le 1er Novembre 1954 et qui, quelque sept ans plus tard, faisait danser des milliers d’humbles, en guenilles encore, le ventre affamé, dans les sentiers, sur les routes et dans les rues du pays libéré. Gloire à nos martyrs et paix aux âmes bien nées.

Ali Boudjelil