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Bouira

«Le peuple veut son indépendance!»

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Le peuple veut son indépendance», «Libérez les détenus», «Pas d’élection ya l’3issaba» étaient les slogans scandés par les manifestants à Bouira hier, pour le 28ème vendredi de marche pacifique. Une marche qui a vu grossir ses rangs de manière significative, avec la période estivale qui tire à sa fin. Et c’est avec plus de hargne et de ferveur que les revendications ont été clamées.

À peine 13h, et alors qu’un cortège funéraire prenait le départ de la vieille ville vers le cimetière, les manifestants ont retardé le départ de la marche, observant une minute de silence à la mémoire du défunt. Contrairement aux autres vendredis où les marcheurs attendaient toujours la sortie des fidèles de la mosquée pour commencer leur action, hier, ils ont préféré les devancer et une foule compacte s’est retrouvée devant le carrefour menant à l’esplanade de la Maison de la Culture Ali Zamoum. «Les FLN, RND, Karim Younes, Bensalah, Bedoui, les ministres dégagez tous !», hurlait la procession humaine comme un seul homme. La plupart des revendications sont quasiment les mêmes qui reviennent depuis plusieurs semaines du genre «La hiwar, la chiwar, avec la bande», pouvait-on lire sur des banderoles.

La gent féminine et les enfants, présents en force, se sont illustrés lors de la marche d’hier, drapés qu’ils étaient de l’emblème national et du drapeau amazigh. Des personnes âgées étaient également présentes, faisant entendre leur voix, exprimer leur «refus d’une élection présidentielle en l’état actuel des choses». Ils réclamaient également «la libération de tous les détenus d’opinion». Des handicapés moteurs, dont un unijambiste s’aidant d’une béquille, ont tenu hier à participer à la marche, qui alla de la vieille ville, passant par l’esplanade de la maison de la culture, puis en remontant vers le quartier «Château», avant de redescendre vers l’ex-gare routière. La foule s’est ensuite dispersée dans le calme et aucun incident n’a été enregistré.
Hafidh Bessaoudi