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PÉNÉTRANTE AUTOROUTIÈRE TIZI OUZOU - BOUIRA 7 ans après son lancement, les travaux à 52% d’avancement

Le projet à la traîne !

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Le projet de la pénétrante autoroutière devant relier Tizi Ouzou à l’autoroute Est-Ouest ne verra pas le jour de sitôt. Le projet, dont la livraison était prévue courant de cette année, n’est qu’à 52% de taux d’avancement. La première pierre de ce projet a été posée en juillet 2013. La réception à ce moment-là avait été fixée au mois de Mars 2019. 7 ans après, le constat est affligeant : à peine la moitié des travaux a été effectuée. 52% de taux d’avancement, un pourcentage qui ne bouge pas depuis au moins deux ans, ce qui dénote de la cadence du chantier.

À défaut de la livraison du projet complet dans les délais fixés, un tronçon de 10 km avait été priorisé. Mais seulement 2 ont été mis en service depuis le temps. Néanmoins, le directeur des travaux publics, M. Smail Rabhi, reste optimiste quant à la réception de cette partie vers la fin de ce mois d’août, ou au plus tard le début du mois de septembre. Pour ce qui est des raisons de cet énorme retard, les problèmes financiers sont en première position. Il s’agit d’un manque de crédits de payement qui fait que les opérations d’expropriations, de règlement des oppositions et surtout du payement des entreprises et des ouvriers sont entravées.

D’ailleurs, ces derniers ont plusieurs fois observé des arrêts de travail en guise de protestation. La dernière remonte à 2 mois. Le travail a depuis repris, mais à une cadence très lente. Les autorités, qui avaient pourtant promis le renforcement du chantier, n’ont pas pu concrétiser cet engagement. Selon le DTP, «les crédits de payements n’ont pas suivi la promesse». Le retard pourrait néanmoins être rattrapé, «si la situation financière s’améliorait», rassure le responsable. Pour ce qui est du volet expropriation, qui, selon lui, constitue une «priorité», «une réévaluation a été obtenue.

L’opération est à hauteur de 70% avec une cinquantaine de familles réglées», précise-t-il. La procédure se poursuivra une fois qu’une rallonge pour les crédits de payement sera attribuée, sachant qu’elle a été accordée, d’après M. Rabhi. Pour ce qui est de l’opposition au niveau du village Maamar, le problème demeure irrésolu, mais il n’est pas considéré comme une priorité, «puisque les travaux n’atteignent pas encore ce niveau», explique M. Rabhi.

Le manque de financements et les oppositions compliquent la situation

Il explique par ailleurs qu’au niveau de ce village, le problème se pose sur deux plans : D’abord, une opposition à l’implantation du viaduc à la périphérie du village. Les habitants suggèrent de prendre un autre couloir. Le DTP explique à ce sujet que le «problème est en même temps technique et financier. L’étude globale a été optimisée. «Il faut savoir qu’on l’a déjà déplacée du sud, une zone fortement habitée, mais ce n’est pas le cas pour la zone actuelle, où l’on ne trouve qu’une mosquée et cinq habitations», explique M. Rabhi. D’autre part, les expropriations aussi nécessitent des financements supplémentaires.

La réception du projet dans sa globalité reste du domaine de l’inconnu, puisque le DTP refuse de se prononcer sur une date précise ou prévisionnelle, car «cela est tributaire de beaucoup de paramètres, notamment l’argent», dira-t-il. Pour rappel, la pénétrante de Tizi Ouzou fait partie des projets de pénétrantes autoroutières devant relier l’Autoroute Est-Ouest à plusieurs villes. Celle de Tizi Ouzou, qui a été annoncée en 2006, doit relier l’Autoroute Est-Ouest, depuis la sortie n°28 dans la commune de Djebahia, à la ville de Tizi-Ouzou.

D’une longueur de 48 km, elle traverse les wilayas de Bouira et de Tizi Ouzou avec un profil en 2×3 voies, 21 viaducs et deux tunnels de 950 m et 710 m traversant respectivement les communes de Draâ El Mizan et Aït Yahia Moussa. Cette pénétrante compte aussi 25 km de routes secondaires, 7 échangeurs, 37 ouvrages d’art (dont les 21 viaducs) dont 16 situés sur la partie prévue dans la wilaya de Tizi Ouzou. Le marché a été attribué en gré à gré au groupement algéro-turc composé de ÖZGÜN, Nurol et ENGOA en avril 2013 pour un montant 55, 96 milliards de dinars (près de 500 millions d’€) pour un délai de 36 mois. Les travaux ont été entamés en juillet 2013.

Kamela Haddoum.