Accueil Évènement Le va-t-en guerre de la sûreté de wilaya

Corruption, escroquerie et cocaïne

Le va-t-en guerre de la sûreté de wilaya

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La lutte contre les faits liés à la corruption et aux crimes et délits économiques s’est intensifiée ces deux dernières années au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou. C’est ce qui ressort du bilan présenté hier par le chef de sûreté de wilaya, le commissaire divisionnaire, Madjid Aknouche, qui fait état de 20 affaires liées à des faits de corruption qui ont été enregistrées par les services de la police judiciaire en 2019. Il s’agit de neuf affaires de «dilapidation et usage illégal de l’argent public», huit affaires liées au «mauvais usage de l’autorité» et trois autres affaires en relation avec «corruption d’agent public».

Autant dire que les services de la police ont mis les bouchées doubles dans la lutte contre ce phénomène portant atteinte à l’économie et aux bonnes mœurs sociales. Les affaires liées aux crimes à caractère financier ont explosé durant l’année écoulée, puisque 92 dossiers sont établis par la police judiciaire de Tizi Ouzou à l’encontre de leurs auteurs. Il s’agit, entre autres, de 41 affaires de falsification de la monnaie, 19 affaires liées à l’escroquerie, quatre affaires inhérentes au faux et usage de faux, et une affaire liée au blanchiment d’argent. Entre 2018 et 2019, 593 affaires liées aux crimes économiques et financiers ont été élucidées par la Sûreté de wilaya de Tizi Ouzou.

Le chef de service de la police judiciaire, le commissaire principal, Yacine Belaïd, avoue l’existence de plusieurs autres affaires en cours de traitement, signe de la détermination de la police à lutter contre ces crimes. Sans trop s’étaler sur la nature ni les montants de ces affaires, le commissaire Belaïd reconnaît la complexité des enquêtes, surtout qu’«elles nécessitent beaucoup de temps». Ce qui reste inquiétant, par ailleurs, en dépit de la baisse des affaires traitées par la PJ, c’est la quantité de cocaïne saisie qui progresse. Bien qu’elle soit en infimes quantités, la multiplication des opérations de saisie de cette drogue dure inquiète au plus haut point les services de la police de Tizi Ouzou.

Ainsi, sur les 4 680 affaires, toutes natures confondues, traitées par la police judiciaire de la wilaya, – une baisse de 68 affaires comparativement à 2018 -, la hausse du nombre d’affaires liées aux drogues et stupéfiants en 2019, ainsi que la quantité de cocaïne saisie renseignent sur l’efficacité du plan mis en place par le chef de Sûreté de wilaya dans le cadre de la lutte contre ce dangereux fléau. Ainsi, il ressort des statistiques présentées par le chef de la PJ, la saisie de plus de 346 grammes de cocaïne en 2019 contre seulement 0,89 en 2018, et 2 867 comprimés de psychotropes contre 2 033 en 2018.

Néanmoins, la quantité de kif saisie a connu une baisse significative de moins de 50 kg en 2019 comparativement à 2018 : «On ne peut pas affirmer que la baisse des saisies du kif et la hausse de la cocaïne signifie le changement de mode de consommation de ces substances. Si nous avons réussi à mettre la main sur cette quantité de drogue dure, c’est parce que nous avons tracé un plan qui s’avère très efficace dans la lutte contre la propagation de cette dangereuse substance, quant à la baisse des quantités de kif saisies, elle est tout simplement liée aux résultats des actions menées ces dernières années», explique le chef de la PJ.

La cybercriminalité en hausse

L’année 2019 a aussi connu une nette baisse des crimes et délits relatifs à la famille et aux mœurs, relève le chef de sûreté, le divisionnaire Madjid Aknouche. Ceux-ci ont, en effet, affirme-t-il, comme pour les autres affaires liées à l’atteinte aux personnes et aux biens. Néanmoins, la police judiciaire de Tizi Ouzou s’inquiète de la multiplication des actes liés à la cybercriminalité, dont plusieurs impliquant des mineurs. Bien que la PJ, précise le chef de ce service, n’a enregistré que trois affaires qualifiées, impliquant trois personnes, il n’en demeure pas moins que la multiplication des dénonciations inhérentes aux actes de diffamation sur les réseaux sociaux est pris très au sérieux par les policiers.

«Nous avons connu un pic de dénonciations sur des faits de diffamations sur les réseaux sociaux à cause du conflit qui affecte la JSK. Aucune plainte n’a été officialisée par les concernés, mais cela reste un indice d’alarme sur le mauvais usage de l’espace bleu sur le web impliquant parfois des mineurs», souligne le commissaire Yacine Belaïd qui plaide pour plus d’attention des parents.
M. A. T.