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Bouira

Les festivités en hommage aux frères Amrouche

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À l’occasion de la journée du moudjahid, qui coïncide avec le 20 août, double date anniversaire de l’attaque du Nord constantinois en 1955 et du Congrès de la Soummam en 1956, la direction de la maison de la culture de Bouira a tracé un programme célébrant cette date historique. Un programme axé essentiellement sur une cérémonie d’hommage au lieutenant Amrouche Mouloud et son frère Ahmed, originaires du village Lejdid d’Iwaqorène (Raffour), qui a eu lieu hier, en présence du moudjahid Dellys Abdellah et de membres de la famille de du chahid Amrouche Mouloud, surnommé Si L’Mouloud Awaqor.

Des compagnons d’armes de ces deux héros de la Révolution ont livré leurs témoignages et évoqué le parcours des deux chahids. Pour le reste du programme, une gerbe de fleurs sera déposée aujourd’hui 20 août au niveau du cimetière du village Lejdid d’Iwaqorène, dont les habitants n’ont cessé de lutter contre l’armée coloniale de 1941 jusqu’à l’indépendance, et où reposent les deux valeureux martyrs.

La prise de conscience du jeune Mouloud commencera après la mort de son frère Ahmed en janvier 1942 torturé à mort par l’armée coloniale pour ses activités au sein du Parti du Peuple Algérien. Un parti que rejoindra tout naturellement Mouloud qui militera également dans le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques alors qu’il travaillait à Constantine pour devenir prothésiste dentaire. Étroitement surveillé par la police à Constantine, Amrouche Mouloud, sur le conseil de ses amis, se rendra à Jijel pour militer au sein de l’OS avant de se voir confier la coordination de cette organisation avec les sections de l’Est algérien.

C’est feu Mohamed Boudiaf, responsable de l’OS de Constantine, qui enverra Amrouche Mouloud avec Mustapha Ben Boulaid dans une mission secrète d’envergure. Il sera arrêté et torturé, avant d’être jugé le 15 février 1951 par le tribunal de Bougie avec entre autre Abane Ramdane et plusieurs militants actifs de l’époque. Amrouche Mouloud connaîtra ensuite les geôles de Sétif et Constantine, avant d’être envoyé à la prison de Toul en Meurthe et Moselle (France). Il sortira en 1954, affaibli par les tortures qu’il avait subies, et sera assigné à résidence dans son village natal. Le FLN le contactera pour rejoindre la révolution et il sera nommé lieutenant politico militaire en tant que chef de la zone II de la wilaya III. Il participera au Congrès de la Soummam.

Tombé les armes à la main après s’être battu férocement lui et ses compagnons lors de la bataille d’Iwaqorène, son village natal, avec les soldats du sinistre Bigeard qui venaient de tuer Malika Gaid, Amrouche Mouloud sera enterré au village voisin de Selloum. Ce n’est que le 23 août 1965 que sa dépouille sera rapatriée à son village natal. Les témoignages de ses frères d’armes, hier, ont suscité une vive émotion dans la salle de la Maison de la culture. Mme Cherbi, la directrice de l’établissement, dira dans sa prise de parole : «Il est impossible de ne pas être sensible au vécu et aux sacrifices de ces deux valeureux chouhada.

Nous avons donc décidé d’organiser un colloque sur la vie et le parcours des frères Amrouche, Ahmed et Mouloud. Il sera éventuellement programmé pour la Journée du chahid de l’année prochaine». À signaler que les festivités du 20 Août sont l’occasion pour le ciné-bus de proposer des projections de films révolutionnaires dans plusieurs localités de la wilaya, et ce jusqu’à jeudi prochain.
Hafidh Bessaoud