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Draâ El-Mizan

Les squatteurs délogés de nuit

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Comme lors du Printemps noir, en 2001, des individus ont profité de la conjoncture que connaît le pays, spécialement de la grande mobilisation de vendredi dernier, pour squatter des logements, dont les listes des bénéficiaires ont été déjà établies. Ainsi, dans la commune de Draâ El-Mizan, avant-hier, pas moins de quinze logements au niveau du site 1 000 unités LSP, en réalisation sur la RN30 vers Boghni et sur le chemin communal reliant la localité de Draâ Sachem à la ville, ont été occupés illégalement par des citoyens, dont certains seraient issus d’autres localités.

Les squatteurs ont carrément défoncé les portes pour pénétrer dans les appartements qu’ils voulaient habiter de force. Il faut dire que ces indus occupants ont failli être lynchés par des pré-bénéficiaires, munis de bâtons et de barres de fer, qui voulaient les expulser de force. «Nous ne savons pas ce qui a motivé ces gens à s’installer dans des logements qui ne leur appartiennent pas.

En plus, ils n’ont pas encore été dotés de commodités de base, comme l’électricité et le gaz. Même les travaux d’assainissement ne sont pas encore achevés. Je ne sais pas comment ils vont les habiter. Pourquoi agir de la sorte précisément au moment où les Algériens demandent transparence, liberté et changement de régime ?», s’interroge un pré-bénéficiaire accosté sur les lieux. Et un autre d’ajouter : «Les autorités ont failli. Sinon comment expliquer le fait que les travaux, lancés depuis belle lurette, ne soient pas encore finalisés.

C’est peut-être à cause de ça que ces personnes ont essayé de les occuper de force, comme en 2001. Je vous rappelle que la liste des pré-bénéficiaires a été affichée précisément le 18 mars 2018. Une année après, on ne voit toujours rien venir. Il y a aussi un autre projet de 132 logements au niveau de la Zhun qui a été achevé depuis 2014. Là encore, les appartements ne sont pas attribués à ce jour aux bénéficiaires, dont la liste définitive a été affichée il y a une année». Aussitôt avisés, de nombreux gendarmes se sont rendus au site des 1 000 logements LSP et ont évacué les occupants dans la nuit de samedi à dimanche derniers. Hier matin, lors d’une virée sur le site, aucun logement n’était encore squatté.

D’aucuns parmi les pré-bénéficiaires insistent sur l’importance de renforcer la sécurité sur les lieux, «afin d’éviter la répétition d’un tel scénario». Aussi, les mêmes bénéficiaires exigent des responsables d’exhorter les entreprises à achever au plus vite ces mille logements pour pouvoir en disposer. Dans la commune de Tizi-Gheniff, trois citoyens venus de Taka, un village de la commune de M’Kira, ont aussi squatté trois appartements du site des 60 logements sociaux. «Nous avons vite alerté les services de sécurité. Tous les postulants se sont aussi déplacés sur les lieux. Dans la nuit de vendredi, ils ont été expulsés par les policiers en notre présence», dira le maire de Tizi-Gheniff.

Et de s’interroger : «Comment se fait-il que ce soient des citoyens d’une autre commune qui aient forcé les portes des appartements ? Y a-t-il une synchronisation dans ces opérations de squat, signalées aussi à Draâ Ben Khedda et à Oued Fali ?». Quoi qu’il en soit, beaucoup de citoyens appellent à la vigilance, faisant remarquer la possibilité que ce soient des parties malintentionnées, visant à démobiliser les citoyens et à entacher le mouvement populaire, pour le dévier de ses revendications, qui soient derrière de tels actes. Enfin, il est à rappeler que dix-huit ans après, 156 logements sont toujours occupés indument à Draâ El-Mizan, 71 à Tizi-Gheniff, 16 (APC-Cnep) à Frikat et 47 à Aït Yahia Moussa, pour ne citer que ce versant Sud de la wilaya.

Amar Ouramdane