Accueil Évènement «Les travailleurs veulent se réapproprier leur syndicat»

UGTA - Un sit-in aujourd’hui pour réclamer le départ de Sidi Saïd

«Les travailleurs veulent se réapproprier leur syndicat»

174

Tout comme le pays, la maison Abdelhak Benhamouda, siège national de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), n’a pas été épargnée par le mouvement populaire enclenché depuis le 22 février dernier. Celle-ci se trouve aujourd’hui dans la «tourmente», déplore Amar Takjout, membre de secrétariat national de l’UGTA. Désormais, déclare-t-il, profitant de la conjoncture de contestation dans le pays, les travailleurs souhaitent se réapproprier leur syndicat.

«Les travailleurs réclament des changements, pas uniquement celles de personnes mais également aux plans organisationnel et fonctionnement», a-t-il indiqué lors de son passage hier sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale. Après plusieurs rassemblements de plusieurs sections syndicales de nombreux secteurs pour réclamer son départ, Abdelmadjid Sidi Said a décidé de ne pas déposer sa candidature pour la prochaine élection à la tête de l’UGTA.

Toutefois, la commission de préparation du Congrès de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) devrait être installée le 27 avril prochain, a rappelé l’invité de la radio algérienne. Tout en reconnaissant que l’UGTA s’est égarée hors de ses missions syndicales, en cultivant notamment des relations suspectes avec le pouvoir politique et le patronat, l’intervenant explique que c’est la raison qui a légitimement amené les travailleurs à devoir la rappeler à l’ordre.

De l’indépendance à ce jour, rappelle M. Takjout, chaque fois que des voix se sont élevées pour réclamer l’indépendance de cette organisation syndicale vis-à-vis du pouvoir, «la répression s’est aussitôt faite sentir». Désormais, fait-il savoir, il appartient à cette dernière de reprendre ses missions premières, en recouvrant ses pratiques militantes et son indépendance d’action vis-à-vis du politique.

Mais pour cela, estime-t-il, il faudrait qu’elle institue des mécanismes permettant une alternance et une limitation des mandats de ses dirigeants à divers niveaux. Par ailleurs, celui-ci n’a pas omis de condamner les méthodes clientélistes cultivées, des années durant, au sein de la centrale syndicale, tout en pointant du doigt «ceux qui contestent aujourd’hui ses dirigeants, mais qui n’ont pas moins profité à outrance du système» jusqu’à être devenus «des milliardaires». Enfin signalons que les travailleurs de divers secteurs comptent organiser aujourd’hui devant la centrale syndicale un sit-in pour réclamer le départ du secrétaire général Abdelmadjid Sidi Saïd.

L. O. CH