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LA VIE DANS LES VILLAGES DE MONTAGNE - Manque de moyens, sévérité de la saison…

L’hiver, l’éternelle appréhension !

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Des pluies diluviennes, des neiges sur les hauteurs qui dépassent les 1 000 m ! Le temps hivernal s’installe précocement cette année dans la wilaya de Tizi Ouzou. Si les problèmes ne se posent pas trop dans les communes de la vallée et celles de la côte de la wilaya, les communes montagneuses, en revanche, souffrent en pareilles conditions climatiques. Avec leur relief accidenté, elles constituent plus de 50% du territoire de la wilaya. Souvent, les localités manquent de moyens et se retrouvent contraintes de gérer avec les moyens de bord. A titre d’exemple, la localité d’Iferhounène est située à 1 200 m d’altitude, et son plus haut sommet culmine à plus de 1850m.

À l’approche de l’hiver, les élus et autres intervenants la commune se mobilisent pour surtout éviter les grandes catastrophes qui peuvent survenir des suites de chutes considérables de neige ou même d’une juste forte pluviométrie. Si la volonté de bien faire ne manque pas, les intervenants sont souvent confrontés à la contrainte du manque de moyens. «L’APC d’Iferhounène dispose de neuf engins et cette année, deux sont tombés en panne donc, nous avons dû les réparer», explique M. Djaoud, maire de la municipalité.

Un plan est mis en place, indique-t-il, consistant en la répartition des tâches pour les engins et en la mobilisation du personnel qui se chargera de la mission. «Dans les situations de crise, une cellule présidée par le maire est installée. Et si les moyens de l’APC ne suffisent pas et que la situation s’avère critique, l’APC fait appel à la Protection civile», note M. Djaoud.

L’hiver synonyme de charges supplémentaires

«La période hivernale nous inflige des dépenses supplémentaires qui ne sont pas incluses dans nos budgets. Il nous arrive de faire des quêtes pour subvenir à ces besoins supplémentaires, notamment la prise en charge des volontaires pour les opérations de déneigement qu’il faut renouveler parfois sans cesse», relate le P/APC, en se plaignant du manque de moyens. Le poids de la saison hivernale est lourdement ressenti par les citoyens d’Iferhounène, surtout ceux qui ne disposent pas des commodités de base, particulièrement, l’électricité et le gaz. Ils sont une centaine dans les deux villages Tirourda et Hachour à recourir toujours au gaz butane.

«Les risques de glissements et d’éboulements sont toujours présents», apprend-on, en outre, du P/APC. Les lieux à risque se situent au niveau de quatre zones. Sur la RN15, les citoyens craignent les éboulements et les chutes de pierres à tout moment en cette saison humide. Au niveau du chemin communal menant d’Iferhounène vers Imsouhal, on redoute aussi les chutes de pierres qui mettraient en dangers les usagers. Le chemin communal, vers Imsouhal par Ahdouche, est menacé par un glissement qui peut conduire à sa fermeture à n’importe quel moment.

Les sollicitations du maire de la commune adressées aux autorités, notamment le chef de la daïra, «n’ont donné aucun résultat depuis deux ans», regrette M. Djaoud. Iferhounène dispose de 32,8 km entre chemins communaux et de wilaya. Pour parer aux manques dont elle souffre sur le plan de prise en charge de la saison hivernale, le P/APC souhaite la dotation de la commune de quatre engins supplémentaires pour les opérations de déneigement et une subvention d’un million de dinars.

Risques d’éboulement persistants à Iferhounène

Toujours sur les hautes montagnes du Djurdjura, la commune d’Iboudrarène est située à quelque 1000 m d’altitude en moyenne. Elle est à plus de 55 kilomètres au Sud-est du chef-lieu de wilaya et est composée de neuf villages habités par plus de 6 000 âmes. Le P/APC de cette localité, Abdelkader Smaïli, confirme «le manque de moyens» sur lequel bute la localité. La période hivernale approche et le spectre du calvaire vécu en 2012 plane toujours. «On a un chasse-neige, une Case et un tracteur mais c’est un matériel vétuste. Il n’est pas suffisant puisque la charge de déneigement revient exclusivement à l’APC. On est loin des années où tout le monde s’y mettait et déneigeait devant chez soi», précise M. Smaïli.

Le problème des dépenses supplémentaires se pose aussi à Iboudrarène. «On a des charges supplémentaires que nos caisses ne peuvent supporter. On a les contrôles et la maintenance des engins qu’on doit effectuer régulièrement, des dépenses qui frôlent les 20 000 DA à chaque opération. Et ce sont des dépenses qu’on ne peut justifier auprès du CF», fait savoir le P/APC. L’hiver risque d’être rude dans cette région. Les manques sont enregistrés, selon le maire, au niveau de l’entretien des réseaux routiers (30km2 de territoire) dans les six villages traversés par la RN30 et les trois villages traversés par le chemin de wilaya numéro 11.

Le problème des canalisations se pose toujours tout comme le risque d’obstruction des caniveaux et des fossés. Le P/APC avoue ne pas avoir assez de ressources pour y faire face. «la RN30 relève de la DTP. Sur le tronçon de Tassaft, au niveau du chemin communal vers Ouacfis, on a frôlé la catastrophe l’année dernière». Au niveau de cette commune, 120 foyers sont sans gaz, en attendant sa mise en service vers la fin de l’année. Pour l’électricité, ils sont entre 600 et 800 foyers. La situation dure depuis longtemps pour ces citoyens qui risquent encore de passer un autre hiver dans les mêmes conditions.

Kamela Haddoum.