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31ème marches du vendredi

Marée humaine à Tizi-Ouzou

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Le nombre de manifestants qui ont battu le pavé, hier, dans les artères principales de la ville de Tizi Ouzou a sensiblement augmenté par rapport aux derniers vendredis, a-t-on constaté. L’ambiance était spectaculaire, impressionnante ! Des dizaines de milliers de personnes, venues des 67 communes que compte la wilaya, ont pris part à la manifestation pacifique d’hier qui a démarré, comme d’habitude, de l’université Mouloud-Mammeri vers le carrefour Matoub Lounès, à l’entrée Ouest de la ville des genêts. C’est un retour en force des manifestants qui a été constaté lors de ce 31ème vendredi de la longue marche du peuple algérien vers une «véritable démocratie» et un «réel État de droit».

Comme les précédents vendredis, les manifestants étaient de toutes les tranches d’âge, des enfants aux personnes âgées, en passant par la tranche des adolescents et celle de la jeunesse, majoritaire. Les manifestants ont emprunté le boulevard Lamali Ahmed (Axe de l’hôpital), puis le boulevard Abane Ramdane (la grande rue), avant d’aboutir à la rue Larbi Ben Mhidi, séparant le centre-ville de l’ancienne gare routière. Comme il fallait s’y attendre, de nombreux slogans exprimant le rejet de l’élection présidentielle programmée pour le jeudi 12 décembre prochain, ont été scandés à tue-tête par l’ensemble des manifestants qui ont exigé «d’abord le départ de tous les symboles de l’ancien système».

Car, ont argué les marcheurs, «avec les figures actuelles, une présidentielle ne ferait que régénérer l’ancien système sous une nouvelle forme». Les marcheurs ont donc dit, tout haut, «Non à la présidentielle, sans une période de transition», qui constitue l’une des revendications principales des manifestants depuis plusieurs semaines. La libération des détenus d’opinion, notamment ceux à qui l’on reproche d’avoir brandi le drapeau amazigh, mais aussi des figures connues du mouvement populaire, comme Karim Tabbou, Samir Benlarbi et Fodhil Boumala, entre autres, a constitué le leitmotiv des slogans criés en chœur par les milliers de marcheurs.

Le moudjahid Lakhdar Bouregâa, en prison également, n’a pas été oublié par les manifestants de Tizi Ouzou qui ont brandi de nombreuses banderoles sur lesquelles figurait son portrait géant, accompagné de slogans exigeant sa libération. Malgré la hausse sensible et visible du nombre de manifestants hier, la marche s’est déroulée une nouvelle fois dans les règles de l’art. L’esprit pacifique et l’ambiance festive des marches du vendredi à Tizi Ouzou a été de mise également hier, et aucun incident, aussi petit soit-il, n’est à déplorer. Les manifestants se sont dispersés, progressivement, dans le calme, au fur et à mesure qu’ils arrivaient devant le carrefour Matoub Lounès, sis près de l’ancienne gare routière de la ville.

A. M.