Accueil Évènement Matoub, Bessaoud… toujours portés haut

Les «repères» n’ont pas été perdus

Matoub, Bessaoud… toujours portés haut

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La célébration du trente-neuvième anniversaire du Printemps berbère (Tafsut imazighen) a coïncidé avec la neuvième semaine du mouvement populaire citoyen qui exige un changement profond et radical du système de gouvernance en Algérie. De nombreux observateurs estiment que le mouvement en cours est un prolongement naturel et logique de la révolte d’avril 1980.

Malgré donc la poursuite des actions de protestation s’inscrivant dans le sillage du mouvement qui a commencé le 22 février dernier, la célébration de l’anniversaire du Printemps berbère a eu lieu hier, avec faste, dans tous les coins de la Kabylie et même ailleurs, notamment à Alger. Comme d’habitude, cet anniversaire a été l’occasion pour rendre hommage aux grandes figures du combat identitaire amazigh, à l’instar de Matoub Lounès.

Les portraits et des slogans extraits des poèmes du rebelle ont ponctué toutes les manifestations qui ont eu lieu hier en Kabylie et devant la grande poste à Alger. Sa voix exceptionnelle a également retenti continuellement lors des manifestations de ce 20 avril. L’autre figure de proue du combat identitaire amazigh à avoir été honorée à la même occasion n’est autre que Bessaoud Mohand-Arab, l’un des fondateur et président de l’Académie berbère dont le rôle pour l’éveil identitaire en Algérie a été déterminant durant les années soixante et soixante-dix.

Hier, la population du village Akaoudj dans la commune d’Aït Aissa Mimoun (où est enterré Bessaoud Mohand-Arab), ont rendu un vibrant hommage à ce pilier du combat identitaire grâce auquel la prise de conscience par rapport au passé historique amazigh de l’Afrique du Nord est sorti de l’oubli et de l’exclusion. Le trente-neuvième anniversaire du Printemps berbère a été, en outre, l’occasion pour les anciens détenus d’avril 80 de renouer avec les citoyens puisqu’une bonne partie d’entre eux étaient hier sur le terrain.

Ils ont participé aux actions de rue mais ils ont aussi animé des conférences-débats afin d’expliquer aux jeunes générations la conjoncture et le contexte de l’époque où avaient eu lieu les événements du Printemps berbère. Ils ont aussi apporté leurs témoignages vivants tout en livrant leurs analyses concernant l’évolution de la situation de la langue et culture amazighes, surtout depuis que tamazight est devenue une langue nationale en 2002 et une langue officielle en 2016.

La majorité de ces anciens acteurs du mouvement culturel berbère se sont accordés à dire que sans le Printemps berbère d’avril 1980 et son impact, aucun des acquis n’aurait pu être arraché plus tard pour la langue amazighe. Le Printemps berbère a été non seulement le premier pas pour le recouvrement de l’identité amazighe mais aussi et surtout une étape décisive dans ce processus.
Aomar Mohellebi