Accueil Évènement «Nous avons les structures mais pas la santé»

AHMED SILI, P/APC (FFS) de Tirmitine

«Nous avons les structures mais pas la santé»

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La Dépêche de Kabylie : Quels sont les secteurs les plus démunis dans votre commune ?
Ahmed Sili : Notre souci majeur, ce sont les instruments d’urbanisme qui étranglent et étouffent le développement de notre commune. Dès notre installation, nous avons concentré nos efforts sur ces instruments pour ouvrir des perspectives et remédier à cet état des lieux. Notre action vise à donner une vie à Tirmitine. A travers nos différentes démarches auprès de la direction des équipements publics et du logement, à l’effet de jeter les premiers jalons d’un espace urbain ou d’un espace urbain nouveau, nous avons ajusté nos instruments d’urbanisme. Chose qui va rendre possible le pôle urbain projeté. Une première réunion a été tenue avec la DUAC pour voir de près la possibilité de réaliser cet espace, en examinant les possibilités réglementaires et en menant les enquêtes foncières nécessaires. En matière de structures, nous enregistrons un manque criant. Je parlerai, en premier lieu, du secteur de la jeunesse lequel est en souffrance. Nous avons fait un choix de terrain pour la réalisation d’une salle omnisports, un espace qui fait défaut à Tirmitine.

Il faut savoir que beaucoup de villages manquent de structures de jeux et de culture. Nous faisons de notre mieux pour offrir des espaces aux jeunes. Il y a des projets en cours et d’autres inscrits. J’exhorte, d’ailleurs, la direction de la jeunesse et des sports à accélérer les procédures de lancement des projets en attente. Sinon, il y aussi le secteur de la santé qui est, sans conteste, le maillon faible de notre commune. Certes, il y a une belle structure qui peut faire office d’une polyclinique performante, mais elle est sous-équipée en moyens humains et matériels. L’espace existe, il suffit d’une attention particulière pour inclure, par exemple, une maternité. Chose qui diminuera la pression sur la polyclinique de Draâ Ben Khedda et le CHU de Tizi Ouzou. Nous interpelons la DSP à rentabiliser davantage notre centre de santé et créer -pourquoi pas ?- un pavillon des urgences puisque l’espace existe. Nos quatre unités de soins sont dénuées des moindres commodités. Il est temps d’accorder plus d’attention à notre commune, lésée depuis des années !

Le réseau routier de la commune est défectueux, qu’est-il prévu pour le réhabiliter ?
En effet, notre réseau routier, long de 85 km et englobant les axes communaux, de wilaya et nationaux, est complètement dégradé, vu les multiples travaux souterrains entrepris. L’urgence est donc à signaler de ce côté-là. J’interpelle le DTP à inscrire des opérations de revêtement. La dégradation est flagrante sur les CW 147, 28 et 128, des axes à forte densité de trafic et réduits presque à une seule voie. Les usagers nous font pression tous les jours. Nous avons alerté la direction et les autorités concernées à ce sujet, en vain. J’espère que cette année sera celle de Tirmitine et de son réseau routier. Je tiens toutefois à informer que le revêtement de la route d’Aït Arif, inscrit en 2018, vient d’être visé et approuvé. Nous invitons la DTP à accélérer les procédures d’engagement auprès du CF pour lancer les travaux le plus rapidement possible. La route de Zerouda est aussi en piteux état. Nous souhaitons obtenir son bitumage pour cette année. Nous souhaitons la même chose pour le reste du réseau pour mettre fin à 20 ans d’inertie.

Qu’en est-il des réseaux de gaz et d’électricité ?
S’agissant du gaz, je commencerai par le lot de Zerouda et Ibahlal, c’est un lot important qui touche deux grands villages et qui a connu un début d’exécution en 2015, avec un délai de réalisation de 11 mois. Malheureusement, les délais ont été dépassés en long et en large. Les travaux sont d’une lenteur extrême, avec une entreprise qui tourne avec deux ouvriers et qui a connu plusieurs arrêts. J’espère que la Sonelgaz réagira et instruira l’entreprise de terminer les travaux dans les meilleurs délais. Concernant le programme de rattrapage, il est en cours mais c’est toujours lent. Dans tous les cas, le taux de couverture en gaz est de 85%. Une fois les deux villages restants et les foyers omis raccordés, nous passerons à un taux d’alimentation de 100 %. Pour ce qui est de l’électricité, le lot du village Ighil Boulma a été réalisé. La mise en service interviendra incessamment. Je profite d’ailleurs de cette occasion pour féliciter les villageois. Sinon, il a y aussi d’autres quartiers et foyers en attente d’électrification à travers le territoire de la commune : environ 90 habitations. A ce propos, nous demandons le dégel de l’ensemble des opérations de raccordement, c’est un non-sens ! On ne prive pas les citoyens de lumière.

Le secteur de l’AEP s’est amélioré depuis quelques mois, mais pas celui de l’assainissement, pourquoi ?
En matière d’AEP, nous sommes effectivement bien lotis. Nous avons pu réfectionner une grande conduite sur un linéaire de 1,5 kilomètre, ce qui a permis une amélioration nette de l’alimentation. Certes, nous avons un déficit en matière de stockage, mais nous avions obtenu un programme de la direction de l’hydraulique. Six à sept conduites ont été réhabilitées. Et, du coup, la pénurie d’eau n’est plus qu’un mauvais souvenir. Nous avons aussi réalisé quatre réservoirs d’eau et nous saisissons l’occasion pour remercier les citoyens qui ont mis à notre disposition des assiettes foncières. En matière d’assainissement, nous sommes à 95 % mais la contrainte concerne les rejets où il faut inscrire des bassins de décantation, des puits filtrants et des stations d’épuration pour préserver le futur barrage de T’léta, les conduite de transfert et les forages.

Comment est l’environnement à Tirmitine ?
Dans ce secteur, il y a une vraie dynamique soutenue par les citoyens. Une collégialité qui nous a permis de décrocher quatre prix au concours Aïssat Rabah en plus du sacre d’Azemour Oumeriem. Cette année, il y a le village Tirmitine que nous soutenons pour être au rendez-vous. S’agissant du ramassage des ordures, notre APC assure la collecte quotidiennement sur l’ensemble des villages. Nous demandons aux habitants de nous aider par plus de civisme et de respect des horaires de passage des camions.

Parlons du logement et de l’habitat rural ?
Le programme de l’habitat rural a donné satisfaction. C’est un segment très important qui répond aux besoins des citoyens. Nous avons eu 2 300 aides depuis 2005, c’est un bon créneau ! Nous avons actuellement un programme de près de 200 aides mais nous attendons les décisions. Actuellement, nous n’enregistrons aucune demande en attente. Concernant le RHP, nous avons 50 unités dont 15 ont été distribuées. Il en reste 35. Nous avons assaini la situation pour en finir avec ce quota. Nous allons, en outre, récupérer une assiette qui pourra accueillir un autre programme. Je tiens par ailleurs à rappeler que la distribution de logements, selon le décret 08/142 qui parle des attributions, est confiée au chef de daïra. Le maire en tant que membre défendra uniquement les cas sociaux.

Pour donner un nouvel essor à l’économie locale, avez-vous songé à la création d’au moins une mini-zone d’activité ?
Le chômage, faut-il le reconnaître, est galopant à Tirmitine. Les perspectives étant limités, nous allons vers une politique de l’autofinancement des communes. Pour répondre à votre question, oui, nous avons interpellé les autorités pour l’implantation d’une mini-zone d’activité qui nous permettra d’avoir plus de recettes fiscales et de créer de la richesse et de l’emploi. Le foncier est important et reste inexploité. Même les particuliers sont prêts à céder des terrains, pour peu que les montants des indemnisations soient corrects.

Avec la nouvelle pénétrante, nous devons greffer une mini-zone industrielle, chose qui donnera une dynamique au développement local. Je voudrais aussi parler de l’amélioration urbaine : une opération est inscrite pour le chef-lieu qui ressemble présentement à un grand village. Nous travaillons de sorte à améliorer et embellir le centre notre municipalité. Je voudrais aussi parler du ramassage scolaire qui nous coûte 2,5 milliards de centimes, c’est un fardeau que le budget de l’APC ne peut pas supporter ! Nous n’avons que 5 bus et seulement deux sont fonctionnels, donc nous recourons au transport privé mais la subvention de l’État n’est que de 89,5 millions de centime. C’est insignifiant comparativement aux 2,5 milliards que nous dépensons ! Le DAL est interpellé pour assurer le maintien de ce service. Nous avons aussi la salle de sport du lycée Hocine Aït Ahmed qui n’est pas encore opérationnelle. Nous saisons à ce propos la direction des équipements publics pour accélérer les choses.
Entretien réalisé par H. T.