Accueil Évènement «Nous n’avons pas de programme préétabli»

KARIM YOUNES, hier, à l’installation du comité consultatif

«Nous n’avons pas de programme préétabli»

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Le coordinateur du panel de médiation et du dialogue, Karim Younes, a affirmé hier que son instance ne dispose d’«aucun programme préétabli», ni d’«une feuille de route clé en main».

S’exprimant dans une conférence de presse tenue à l’issue de l’installation du comité de l’Instance du dialogue et de médiation (dit comité de consultation ou comité des sages), M. Younes a longuement insisté sur les mesures d’apaisement pour «la réussite du dialogue politique».

Il a également fait savoir que l’Instance va écouter tous les acteurs politiques et ceux de la société civile, afin de pouvoir formuler une synthèse qui sera présentée lors de la Conférence nationale devant se tenir avant la fin de l’année. «La priorité est l’organisation de l’élection présidentielle, ne serait-ce que pour une seule période de transition», a annoncé Karim Younes. Pour l’orateur, cette période de «transition» verra «la tenue des élections parlementaires et une nouvelle Constitution qui garantira les libertés démocratiques».

Pour Amar Belhimer, membre du Panel, qui s’est également exprimé lors de cette conférence de presse, le préalable inhérent au «départ du chef de l’État est illogique et contraire à la Constitution», rappelant «les risques qu’engendrerait le vide institutionnel» sur la stabilité du pays. Le Professeur en droit public a expliqué aux journalistes que «le Panel travaille en rupture avec l’ancien régime et cela est un principe inaliénable». Hier encore, le chef du Panel a réitéré son appel à l’adresse des partis politiques pour «un dialogue responsable qui permettra une issue à la crise en respectant les aspirations du peuple algérien».

Karim Younes a précisé que le Panel «ne dispose pas de feuille de route clé en main». Il a expliqué, en outre, que le groupe œuvre «à écouter toutes les parties et tous les acteurs politiques ainsi que l’ensemble des propositions pendant les différents rounds du dialogue, pour aller vers l’organisation de la présidentielle dans une démarche consensuelle».

Une conférence nationale avant la fin de l’année et la présidentielle juste après

Le coordinateur du panel a expliqué que les pourparlers avec les partis politiques vont se faire d’une façon bilatérale afin de «pouvoir écouter attentivement toutes les propositions de tout un chacun». Il faut dire qu’il n’est pas du tout aisé pour l’ancien président de l’APN d’attirer les partis politiques dont la revendication nodale tourne autour du préalable partagé par tout le monde, y compris par lui-même, à savoir le départ du gouvernement Bedoui.

Ces mêmes partis, notamment de la mouvance démocratique, qui ont leurs propres initiatives lancées depuis plusieurs mois, à l’instar des «forces du changement» ayant émis une plateforme en juin dernier, dite «Plateforme d’Aïn Benian», ou «L’alternative démocratique» qui regroupe une large pléthore de personnalités politiques, syndicales et d’associations du courant démocratique. Ces deux regroupements tiennent mordicus à l’acceptation des préalables posés, avant d’entamer tout dialogue visant «une sortie de crise», et «non pas la tenue de l’élection présidentielle».

Par ailleurs le comité installé hier matin, renferme plusieurs personnalités connues, parmi lesquelles des anciens ministres et des juristes, à l’instar du constitutionnaliste et ancien président du Conseil constitutionnel, Saïd Bouchaïr, l’actuel président du syndicat national des magistrats (SNM) Issad Mebrouk, le président du Conseil de l’ordre des médecins, le Professeur Mohamed Bekkat Berkani, et les deux anciens ministres de la Jeunesse et des Sports, Aziz Derouaz et Mouldi Aïssaoui, entre autres.

Durant les travaux de l’installation de ce comité, un groupe de jeunes, que plusieurs sources citent proches de l’association nationale RAJ, a fait irruption dans la salle scandant des slogans hostiles au Panel et à son coordinateur, Karim Younes. Ce dernier a opté pour la voix de la sagesse, en les recevant dans l’enceinte de la salle des réunions, refusant de recourir aux forces de l’ordre pour les déloger. Un entretien, parsemé d’échanges houleux, a eu lieu entre les deux parties, durant lequel le chef du Panel a tenté de les inviter au dialogue et à la consultation au même titre que les autres organisations qui meublent l’agenda de la commission.
M. A. T.