Accueil Évènement «On a un seul chasse-neige pour les 23 villages»

RACHID OUDALI, maire de Bouzeguène

«On a un seul chasse-neige pour les 23 villages»

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La Dépêche de Kabylie : La commune de Bouzeguène, perchée à 1300 m d’altitude, vit au rythme des chutes de neige chaque hiver. La municipalité est-elle prête pour faire face à cette nouvelle saison de froid ?
Rachid Oudali
: Disons oui et non. Mais comme chaque année, nous essayerons d’être prêts pour la saison avec toutes les contraintes que nous rencontrons et le peu de moyens dont nous disposons. On a un seul chasse-neige, un rétro-chargeur et un chargeur pour 23 villages. Notre matériel en tout cas est prêt. On a un territoire de 50 km de chemins communaux et 15 km de chemins de wilaya, c’est donc très peu comme moyens pour une grande région qui a 70 km2 de superficie. Nous essayons de travailler suivant nos moyens. Nos machines sont en marche. De même pour notre voirie communale. Mais on ne peut y faire face, on manque aussi de personnel. D’ailleurs, même moi je conduis les machines dans les périodes de neige. Tout le monde s’y met. Nos villages sont éparpillés, on manque de moyens pour déneiger tous les villages à la fois.

Qu’est-ce qu’il faut pour parer à ce déficit de moyens?
Il nous faut au moins six engins pour déneiger à la fois tous les villages, surtout quand il neige sans arrêt.

Qu’en est-il des commodités de base ? Les foyers sont-ils tous recordés au gaz naturel et à l’électricité ?
Pour le gaz naturel, tous nos villages sont alimentés à part quelques nouvelles habitations qui nécessitent des opérations d’extension. C’est à ce niveau que le problème se pose. Tous les villages s’agrandissent, surtout avec les aides à l’habitat rural. On a beaucoup de zones éparses qui manquent de tous les moyens : gaz, eau, électricité et assainissement. Pour le gaz et l’électricité par exemple, on a des citoyens dont les foyers ne sont pas encore raccordés. Dans la majorité des cas, ce sont les extensions qui sont sollicitées. Je n’ai pas les chiffres exacts parce que certains ne se présentent pas chez nous. Néanmoins, je peux affirmer que pour le gaz, on a à peu près 400 foyers qui n’en bénéficient pas encore et 200 autres, éparpillés sur tous les villages de la commune, qui ne sont pas branchés au réseau de l’électricité.

Y a-t-il des risques d’éboulements ou de glissements ?
Notre réseau routier souffre déjà de plusieurs sections dégradées parsemées de nids-de-poules. On risque donc quelques glissements de terrain et des travaux s’imposent en urgence. Nous avons élaboré toutes les fiches techniques des zones déclarées, mais nos doléances ne sont toujours pas prises en charge. Ces dangers-là se situent surtout à la périphérie des villages de la commune, tous pratiquement. D’ailleurs, tous les manques sont enregistrés dans les zones périphériques. Il faut savoir qu’à Bouzeguène, tous les chemins présentent des glissements, notamment les chemins des zones rurales. Ils ont tous besoins d’entretien ! Il faut beaucoup de moyens dont nous ne disposons, malheureusement, pas.

Propos recueillis par H. K.