Accueil A la une «Plus de 15 000 demandes de logement social en attente»

LARBI MOHAMED, maire de Bouira

«Plus de 15 000 demandes de logement social en attente»

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à travers cet entretien, le maire de la municipalité du chef-lieu de Bouira fait le bilan de sa gestion et évoque les ambitions de son équipe.

La Dépêche de Kabylie : La jeunesse semble être la frange pour laquelle vous vous dévouez particulièrement…
Larbi Mohamed
: Il est vrai que nous avons accordé une de nos priorités au secteur de la jeunesse. D’ailleurs, et à travers toute la commune, nous avons procédé à la pose des premières pierres des projets des 12 stades au niveau de quartiers du chef-lieu. Nous avons déjà réceptionné deux d’entre eux, le 11 décembre dernier. De même, un stade homologué est en cours de réalisation au niveau du village Saïd Abid. Les autres quartiers qui ont bénéficié de ces projets sont Château d’eau, UF1, au niveau des pompiers, les 197 lgts, les 56 lgts, l’Ecotec, La Tour, le village Thameret et les 50 lgts. Une structure similaire est aussi en réalisation niveau de la Cadat A. La réception se fera au fur et à mesure de l’achèvement des travaux. Nous nous faisons, par ailleurs, un point d’honneur à assister les associations sportives, notamment pour la préparation de tournois lors de manifestations nationales. Nous œuvrons également à rassembler la jeunesse au niveau de chaque quartier avec l’aide matérielle de la commune. Par ailleurs, je vous informe que nous faisons des rencontres quotidiennes avec la frange juvénile de Bouira. Nous sommes aux côtés des jeunes en permanence, et toutes leurs doléances sont et seront satisfaites selon les moyens de la commune.

Qu’en est-il du raccordement à l’AEP, à l’assainissement et au gaz naturel ?
Il ne nous reste que les villages Chéraga et Rechak et le quartier Sidi Ziane pour finaliser le programme du raccordement de la commune, avec un taux de 100%. Pour le village de Chéraga, les travaux sont en cours de réalisation. Les projets au niveau des deux autres localités seront lancés d’ici un mois, car la procédure administrative prend un peu de temps. Une fois toutes les opérations achevées, le taux de pénétration à l’échelle de la municipalité passera à 100%. Au volet assainissement, nous avons renforcé les réseaux de quatre localités, dont Chaâba. Toutefois, ce sont les travaux d’AEP qui nous préoccupent à l’heure actuelle. Nous avons entamé des travaux de renforcement du réseau d’eau potable, et nous reprenons les conduites qui sont vétustes et défectueuses. Nous sommes obligés de les reprendre à zéro pour permettre l’alimentation en eau à tous les villages de la commune. Il en est de même pour le réseau routier. Nous avons octroyé la priorité aux villages n’ayant pas accès réellement à des routes dignes de ce nom. Ce sont des chemins communaux, et nous sommes en train de réhabiliter les plus dégradés d’entre eux. Dans le cadre de l’amélioration urbaine, et sur les PCD 2018, nous avons bénéficié de la réhabilitation du village Thamer, qui a coûté la bagatelle de 60 millions de dinars. Toujours dans le cadre de l’amélioration urbaine, un des quartiers du lotissement Amar Khodja nous a coûté la bagatelle de 100 millions de dinars. Un projet d’aménagement inscrit dans les PCD 2018. Actuellement, nous sommes en phase de préparer les PCD 2019, nous allons proposer d’autres projets qui vont permettre de renforcer l’amélioration du cadre de vie des citoyens, conformément aux instructions de l’État.

Le chômage est-il également une de vos préoccupations ?
Oui assurément, qui dit jeunesse, dit emplois. Nous continuerons toujours à aller vers l’encouragement de l’investissement que ce soit du côté public que privé, pour aboutir au développement de la commune. Nous travaillons sans relâche pour permettre un climat idéal de l’investissement, ce qui aura pour conséquence de créer de la richesse mais également de l’emploi au profit de nos concitoyens. C’est là l’un des objectifs que nous nous sommes fixé. Pour l’emploi, dans le cadre social, nous avons quand même bénéficié d’une première tranche de trente contrats destinés spécialement au renforcement du personnel des cantines scolaires. L’objectif, c’est de servir un repas chaud pour chaque élève. Nous avons également été destinataires de 50 contrats pour les jeunes diplômés des centres de formation : maçons, plombiers, électriciens… qui ont été placés dans différentes écoles.

Le service administratif public, notamment l’état civil, est souvent décrié. Pourquoi ?
Auparavant, il y avait des dysfonctionnements, je le reconnais. Nous avons trouvé quelques difficultés au début de notre mandat à cause d’un manque de communication, et le citoyen se plaignait de l’indisponibilité du fonctionnaire. Toutefois, les choses sont rentrées dans l’ordre petit à petit, puisque nous avons réglementé la procédure qui est dorénavant strictement appliquée. Aussi bien au niveau du service biométrie qu’au niveau de l’état civil, il est désormais aisé de constater que malgré le flux grandissant des citoyens, les fonctionnaires font preuve de célérité pour désengorger le service. L’amélioration est visible car nous avons su instaurer une politique de rigueur. Tout problème soulevé par le citoyen est traité et pris en charge immédiatement par l’administration. Il arrive parfois que des citoyens se plaignent, mais c’est très rare, et cela démontre que l’administration est réellement proche du citoyen. N’oublions pas également les efforts consentis au quotidien sur le terrain avec des visites inopinées dans les différents services. Des sorties, nous en effectuons régulièrement avec le wali sur différents chantiers de la ville et ses alentours, parfois même les week-ends. En tant que président de l’Assemblée populaire communale de Bouira, je suis satisfait de la cadence remarquée sur les différents chantiers que nous suivons de près.

La distribution de logements suscite toujours autant de mécontentement. Y a-t-il de nouveaux quotas pour bientôt ?
Pour le secteur de l’habitat, nous venons d’achever la distribution de 860 logements. Les bénéficiaires ont reçu leurs clés et s’apprêtent à passer un hiver sous un nouveau toit. Pour revenir à votre question, oui, il y a un quota très important à distribuer au fur et à mesure de la réception des logements au cours de réalisation. Les travaux restants consistent en les raccordements aux voiries et réseaux divers. Il y a également un autre quota de 1 700 logements sociaux en cours de réalisation au niveau de la commune de Bouira. Il faut savoir qu’actuellement, nous avons enregistré près de 15 000 demandes, un chiffre énorme que l’on ne peut pas satisfaire. Il y a des demandeurs que nous allons réorienter vers d’autres formules, telle le LPA, si bien sûr leurs moyens le permettent. Sachant que le seuil du salaire du demandeur du logement social a été arrêté à 24 000 DA, sur les 15 000 demandes, un grand nombre de dossiers ne sont pas éligibles. Nous pouvons également orienter les demandeurs vers l’aide à l’habitat rural, dont près de 250 unités sont en voie de réalisation dans la banlieue de la ville.

L’APC de Bouira est la plus riche à l’échelle de wilaya. Cependant, il n’y a aucun endroit aménagé pour les loisirs et la détente. Peut-on savoir ce que vous comptez faire pour y remédier ?
Bouira a le privilège de jouir de la forêt récréative Errich, sise au cœur même de la ville. De plus, Tikjda, qui appartient territorialement à la commune voisine d’El-Esnam, est à proximité du chef-lieu. Elle est le point de chute de familles en quête de loisirs aussi bien de Bouira que d’autres communes. C’est déjà un atout non négligeable. La forêt d’Errich est en train d’être réaménagée. Lors de notre récente visite sur le site avec le ministre de la Jeunesse et des Sports, nous avons constaté qu’une fois les travaux de réaménagement achevés, cette forêt répondra aux aspirations de nos concitoyens. Si nous arrivons à exploiter suffisamment et correctement l’espace de la forêt Errich, nous pourrons satisfaire toutes les tranches d’âge mais aussi les sportifs. Les citoyens de la commune se rendent aussi sur les hauteurs de Tikjda, surtout les week-ends, sachant que le transport, aussi bien public que privé, vers cette destination ne pose pas problème. Le siège du Parc National du Djurdjura, attenant à la forêt Errich, est également un endroit très agréable pour les familles bien qu’il ne soit pas encore exploité à 100%, car ce n’est que depuis peu que les gens de Bouira commencent à le découvrir. Lors de la Journée internationale de la montagne, nous avons observé l’affluence des familles vers ces lieux de villégiature et pris conscience de leur intérêt pour ces sites, favorisé par le retour de la sécurité.

Pourquoi certains quartiers ont été touchés par des
opérations d’embellissement et pas d’autres ?

La ville a connu au cours de l’été dernier plusieurs opérations d’embellissement de certains quartiers. L’APC de Bouira a mis les bouchées doubles pour embellir la ville avec des moyens colossaux, en collaboration avec le mouvement associatif. Nous avons mis à la disposition des jeunes des brouettes, des pelles, des pioches, des camions et de la peinture. Les bénévoles, de leur côté, se sont attelés à rendre la ville propre. Nous sommes d’ailleurs très satisfaits de cette opération qui a touché plusieurs quartiers de la ville, grâce à la mobilisation citoyenne. La commune y a contribué avec un apport sur le plan matériel. C’est en parfaite symbiose et harmonie que nous avons œuvré pour ces travaux d’embellissement. Le citoyen a pris conscience de la nécessité de s’impliquer pour l’amélioration de son cadre de vie, et il fait dorénavant attention à la propreté de son quartier. J’ajoute, par ailleurs, que depuis l’été dernier, nous avons planté un total de 7 000 arbres ornementaux. Ce sont les citoyens et le mouvement associatif qui sont à l’origine de cette vaste opération. Aujourd’hui, ces arbres sont soigneusement entretenus et protégés par les jeunes bénévoles. C’est un point positif pour lequel nous affichons entière satisfaction. Ça nous encourage à étendre ce genre d’actions vers d’autres quartiers du chef-lieu. Faire participer le citoyen à l’amélioration de son environnement est une alternative salutaire qui, espérons-le, fera son effet boule de neige dans d’autres localités.

Entretien réalisé par Hafidh Bessaoudi.