Accueil Évènement «Pour l’ouverture du secteur bancaire»

ABDERRAHMANE BENKHELFA, ex-ministre des Finances

«Pour l’ouverture du secteur bancaire»

199

«Les banques jouent un rôle important comme instrument de développement», a indiqué, hier, l’ex-ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa. Il estime que «les banques, notamment celles relevant du secteur public, ont joué un rôle extrêmement important dans l’accompagnement du développement».

«Nous avons une augmentation de financement extrêmement positive, avec des taux de financement de 16 et 17% par an», a-t-il affirmé lors de son passage sur les ondes de la chaine III de la radio nationale. Néanmoins, M. Benkhalfa déplore le maintient des banques dans un rôle de financement de projets non rentables, avantageux pour les bénéficiaires mais pas pour l’économie nationale.

Il estime, également, que les banques ne sont pas le bon instrument pour accompagner les politique sociales. «La politique qui consiste à faire des banques uniquement un instrument de développement, de distribution d’allocations de ressources pour une efficacité sociale doit cesser», recommande l’invité de la radio algérienne.

L’ex-argentier du pays plaide, à cet effet, en faveur de l’ouverture du secteur bancaire et financier. En effet, l’ouverture du secteur bancaire demeure primordiale pour s’adapter à une économie ouverte, a prôné l’ex-ministre des Finances. Selon lui, il faut ouvrir le secteur bancaire et le préserver des interférences politiques pour lui accorder l’autonomie suffisante dont il a besoin pour s’adapter à une économie ouverte.

Par ailleurs et à une question sur la dynamique des institutions bancaires, l’invité de la chaine 3 de la radio nationale a affirmé que les banques ont relativement dépassé la frilosité. Pour illustrer ses propos, il affirme : «Aujourd’hui, nous avons enregistré près de 9 000 milliards de dinars en stock contre 5 000 en 2015».

Évoquant, par ailleurs, la situation du système financier en Algérie, M. Benkhalfa note que «l’informel constitue toujours un handicap dans le processus de bancarisation des capitaux». Plutôt pessimiste quant au règlement de ce problème avec l’introduction de la finance islamique, l’ex-ministre indique que les expériences des autres pays montrent que la finance islamique permet la progression des octrois de crédits mais pas la bancarisation.

Tout en reconnaissant que «nous sommes en recul par rapport aux techniques bancaires dans le monde», M. Benkhalfa fera savoir que «nous avons besoin de mixer les capitaux, les modèles de gouvernance et les modèles de management».

L. O. CH