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Au lendemain des mémorables manifestations

Quelle réponse pour une transition apaisée ?

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Tous les regards sont braqués sur le Palais d’El Mouradia, scrutant la moindre réaction de la présidence. Que sera-t-il annoncé pour apaiser la colère de la rue dont la grogne va crescendo ? Hier, vingt-quatre heures après les historiques marches populaires dans quasiment toutes les wilayas du pays, marquées surtout par le grossissement des rangs au quatrième vendredi de colère, d’aucuns guettaient ce que serait la réaction d’en haut.

Pendant qu’une information relayée par le quotidien arabophone El-Khabar sur la réunion du Conseil de sécurité, la troisième du genre depuis le début du mouvement populaire le 22 février dernier, les «sondeurs» émettent leurs «ballons» sur ce que serait le nouveau gouvernement Bedoui, et sur le sort de la Conférence nationale devant être présidée -ou pas- par Lakhdar Brahimi ?

Sans jouir d’une mission officielle, du moins annoncée publiquement, ce dernier a déjà entrepris des consultations avec des personnalités politiques, à l’image de Saïd Sadi qui a tu l’information, avant qu’elle ne soit divulguée par un site d’information électronique. L’ancien ministre, Abdelaziz Rahabi, a lui-même donné l’information sur sa rencontre avec le diplomate.

Deux partis politiques se sont empressés, eux, de démentir avoir eu des contacts avec Lakhdar Brahimi. Il s’agit du PT et du FFS qui, via des communiqués, ont nié catégoriquement avoir eu des contacts avec le diplomate. Ce dernier se rend à l’évidence que la mission dont il a été chargé s’avère ardue et bute sur le refus quasi-unanime des acteurs politiques et autres personnalités dites de la société civile à s y associer. Quid du gouvernement de transition ?

La sortie ratée de Bedoui et Lamamra, jeudi, ne donne pas chair à des solutions à la hauteur des aspirations du peuple qui vient, à juste titre, d’inscrire une nouvelle page de son Histoire. A la pression populaire, sans commune mesure dans les annales de l’Algérie indépendante, s’ajoute la difficulté du tandem Bedoui-Lamamra dans la formation d’un gouvernement tel que dessiné dans la feuille de route du 11 mars dernier.

En dehors des enfants-maison, la démarche voulue par la lettre de Bouteflika s’avère improbable, voire utopique dans l’état actuel des évènements. Pourtant, le Premier ministre est tenu de composer sa nouvelle équipe et libérer ses anciens coéquipiers mis en stand-by depuis trois semaines. L’annonce d’un nouveau gouvernement est attendue d’ailleurs d’un jour à un autre, même si lors de sa conférence de presse, Noureddine Bedoui s’est donné le temps jusqu’à la fin de cette semaine.

Pendant ce temps-là, Ramtane Lamamra s’envolera demain ou après-demain à Moscou pour vendre la stratégie de sortie de crise aux traditionnels alliés russes. Ces remue-ménages n’intéressent pas, outre mesure, les millions d’Algériens sortis pour la quatrième fois dans les rues, demandant, ni rien ni plus, le départ du système. Un système qui tente de s’accrocher via des coups de recyclage techniquement irréalistes et politiquement dangereux.

D’où d’ailleurs le maintien des cartes hors portées des regards, laissant libre cours aux rumeurs et supputations plus farfelues les unes que les autres, histoire d’amuser la galerie. La dernière «carte» qui se joue depuis hier est celle qui attire les regards vers deux complexes hôteliers huppés de la capitale où se tiennent les réunions des associations dites de «la société civile».

Les deux conclaves qui se tiennent ont l’air d’une danse de macaques au milieu des bois. Si l’information disant que le but de ces deux réunions est de dégager «des représentants» de la société civile, donc du mouvement populaire né le 22 février dernier, tel que rapporté par des sources très proches de ces deux rencontres, s’avère vérifiée, elle ne fera qu’exacerber la colère populaire.

M. A. T.