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Crise politique - 8e vendredi de manifestations contre le système

Rejet massif des figures du système à Béjaïa

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A Béjaïa, les murs parlent, les pancartes et les banderoles suggèrent et les voix s’élèvent dans la rue pour dire leur rejet aux figures du Système, notamment les «trois B dégagez». Hier, 8e vendredi du mouvement populaire contre le système, la mobilisation était toujours au rendez-vous. En l’espace de quelques minutes, tous les axes principaux de la ville étaient noirs de monde.

Impossible de quantifier une foule aussi immense. Des drapeaux blanc, vert et rouge ou vert et jaune flottaient au gré du vent. Dans les mains des manifestants, des pancartes et des banderoles proposaient une feuille de route pour une sortie de crise. Retentissantes, les voix scandaient «Pouvoir assassin», «Système dégage», «FLN, RND dégagez», «Bedoui dégage». En rangs serrés, les manifestants ont marché dans le calme pour dire aux décideurs «Partez tous».

«Notre peuple faiseur de miracles est conscient des enjeux du moment», «Pour un gouvernement de transition, pour une assemblée constituante», «On veut une cure, pas un traitement», «Le seul allié de la main étrangère, c’est le régime», «Bensalah n’est pas mon Président», «Le peuple décide et l’armée s’exécute», «Le peuple est supérieur à l’armée», «Sauvons la liberté, la liberté sauvera le reste», «Le peuple au secours de l’Algérie», «On veut construire une Algérie sans vous, une Algérie pour nous : le peuple, système dégage», «Non à votre feuille de route», «Primauté du politique sur le militaire», «Retrait de l’institution militaire du champ politique», «FLN au musée, l’armée aux frontières», «Vous avez tué le rêve de plusieurs générations», pouvait-on lire sur quelques pancartes et banderoles déployées par les manifestants.

Tout le long de leur trajet, les manifestants ont fait montre d’une maturité politique sans faille et une ferme détermination à se faire entendre quitte à occuper la rue indéfiniment. Ils l’ont déjà dit, mais ils tenaient à le réitérer : «Nous n’allons pas nous arrêter au beau milieu du chemin. Nous savons que notre marche vers un changement radical et profond du système ne sera pas de tout repos, mais notre lutte continuera jusqu’à la chute du régime en place». Le besoin d’un changement est vital.

A travers la démonstration monstre d’hier, la population a tenu, encore une fois, à réaffirmer son rejet du système et toutes les figures qui l’incarnent. Et les plus en vue en cette période critique et sensible que traverse le pays sont les «3 B». Ces derniers font l’objet d’un rejet massif de la population à Béjaïa. Et le message des manifestants à l’adresse de ces derniers est clair : «La transition se fera sans vous». Comme les sept précédents vendredis, la marche d’hier a eu lieu dans une ambiance de communion générale.

Les citoyens ont donné une autre leçon de civisme au pouvoir qui reste jusqu’à maintenant sourd aux cris de la rue. Après avoir sillonné les principales rues de la ville de Yemma Gouraya, les manifestants se sont dispersés dans le calme, laissant place à des dizaines de volontaires pour nettoyer. Par ailleurs, une manifestation similaire a été organisée, durant la même journée d’hier, dans les rues d’Akbou. Il est à signaler, en outre, que des milliers de travailleurs affiliés à l’union locale de l’UGTA ont battu le pavé, avant-hier, pour réclamer le départ du «système et de Sidi Saïd».

F. A. B.