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TIFRA - Le maire «prêt» à se soumettre à un référendum

«Si la majorité veut mon départ, je m’en irai»

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Le siège de l’APC de Tifra dans la daïra de Sidi-Aïch, wilaya de Béjaïa, est fermé et muré depuis le 1er juillet dernier par des habitants de cette localité. Depuis, des pourparlers ont été engagés intra-muros. Néanmoins, la situation n’a pas changé d’un iota, au grand dam des citoyens de cette commune rurale. Et après les «déclarations» des élus et la montée au créneau des citoyens, le maire de la commune, en l’occurrence Rabah Mekssem, sort de sa réserve et apporte à son tour des éclaircissements sur cette affaire qui perdure.

Ce dernier, par le biais d’une vidéo postée sur le net, revient sur la genèse de cette affaire. D’emblée, le P/APC dira : «C’est la première fois que je m’adresse aux habitants de Tifra à travers une vidéo. Tifra est en train de vivre des moments difficiles. Le siège de l’APC est fermé depuis le 1er juillet par quelques habitants du village Tifra. Aujourd’hui, on va dire la vérité. Une vérité amère, car les habitants doivent savoir tout.» L’édile communale, tout en rappelant les nombreux projets concrétisés, regrette cette action de protestation qu’il trouve inattendue du fait, dit-il, qu’il n’ait jamais fermé les portes du dialogue. Excédé, le maire ajoute que «rien ne peut justifier le fait de fermer et murer le siège de la commune», reprochant à ceux qui l’ont fait de n’avoir ni consulté ni mis sur la table leurs revendications.

«Nous avons essayé le premier jour de cette fermeture de dialoguer avec les citoyens qui étaient sur place, mais nous avons essuyé des insultes et des menaces. C’est à partir de là que j’ai décidé de porter plainte», fait-il savoir. Le premier magistrat de la commune rappellera qu’il avait enjoint, au jour de son installation, les élus indépendants, un élu FFS et un élu du RCD, à travailler ensemble pour le bien de la commune. «Mais au lieu de cela, ces élus, qui continuent à percevoir leurs indemnités, ont fait une déclaration, où ils ne reconnaissaient pas les élections et refusent de travailler avec nous. Ils ont même refusé de faire partie des commissions, sauf l’élu du RCD qui a fait de son mieux», soulignera le P/APC.

Ce dernier est également revenu sur les «conséquences fâcheuses» de la fermeture du siège de l’APC : «Cet état de fait portera un coup sévère au bon fonctionnement de cette institution tant pour les administrés que pour les fonctionnaires. (…)» Et de poursuivre : «La revendication des habitants de Tifra n’est pas le départ du maire mais l’amélioration de leur quotidien avec la concrétisation de beaucoup de projets en leur faveur, car il y a des manques à combler, comme le gaz, l’école de Tifra, la route et l’eau.» En conclusion, le premier magistrat de la commune suggère d’organiser un référendum. «A ceux qui bloquent, je dirais que seule la vérité éclatera.

Je lance un appel à la sagesse, car si on n’ouvre pas le siège de l’APC, nos enfants n’iront pas à l’école sachant que nous transportons environ 1000 élèves chaque jour. Moi, je continuerai ma mission. Néanmoins, je suis prêt à organiser un référendum et à ce moment si la majorité de la commune de Tifra me demande de partir, je partirais», conclut-il.

Achour Hammouche