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S’il m’y a vu silmiya…

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Par Ali Boudjelil
La décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a présenté ses condoléances à la famille de Jean Daniel, l’ami de la révolution algérienne, et qui a décrété le 22 février de chaque année « Journée nationale de la fraternité et de la cohésion entre le peuple et son armée pour la démocratie » a été valorisée par le bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN). Ainsi donc, le pouvoir salue de belle manière cette révolution du sourire. Le 22 février a mis au garde-à-vue la grande muette qui a vite réagi de manière hautement responsable. Et ce fut fait car la fraternité entre le peuple et l’armée est visible chaque vendredi dans toutes les rues des villes et des chefs-lieux de wilayas de la vaste Algérie. Seulement, pour la vraie démocratie, le peuple continue de marcher pour que les murs qui cachent la démocratie de façade tombent.

Le projet de révision de la Constitution sera « prêt au plus tard, d’ici le début de l’été », a affirmé mercredi le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Mais une fois le texte adopté par le Parlement, l’électeur et l’électrice auront-ils toute la latitude de dire oui pour une nouvelle Algérie ou non pour le maintien de la Issaba ? Qui veillera au respect de sa décision prise dans l’isoloir ? L’Algérien aime son pays, plus que son équipe nationale, mais il l’aimera encore plus le jour où il pourra dire sans être inquiété : «Non, Monsieur le Président, j’aspire à mieux !». 53 vendredis de marche, de slogans chantés et de selfies partagés reflètent la grande cohésion qui anime tout un peuple décidé à rompre avec un système que le JT de l’ENTV continue de présenter chaque soir comme l’unique remède aux crises et pathologies qui secouent et minent le pays. Un remède dont les effets secondaires ont donné naissance au couffin du Ramadhan et au restaurant Er Rahma. Les quais sont archicombles mais le train est vide.
A. B.