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JUSTICE - Soupçonnés de blanchiment d’argent et d’obtention d’indus privilèges

Tahkout, frères et fils sous mandat de dépôt

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Mahieddine Tahkout, ses frères Rachid et Hamid ainsi que son fils Bilal ont été mis sous mandat de dépôt dans la soirée d’avant-hier sur ordre du juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed. Suspectés d’êtres impliqués dans plusieurs affaires liées à l’obtention d’indus privilèges, les propriétaires de Cima Motors et de la flotte du transport universitaire éponyme ont passé la nuit à la prison d’El Harrach, après avoir été entendus par le magistrat instructeur dans l’après-midi de dimanche.

Mahieddine Tahkout est aussi accusé de «blanchiment d’argent, de détournement et d’accès à des privilèges», selon son avocat, Me Khaled Bourayou, interrogé par nos confrères de TSA. Les «indus privilèges» auraient été obtenus, selon l’APS qui cite «une source proche du dossier», par des cadres de l’Office national des œuvres universitaires (Onou) et du ministère des Transports dans l’affaire liée aux œuvres universitaires ainsi que par des cadres du ministère de l’Industrie et de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI) dans une autre affaire liée à la société Cima Motors.

Plusieurs hauts fonctionnaires de ces instances ont comparu à ses côtés. Reste, néanmoins, à savoir si la comparution, dans la matinée de dimanche, de l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et de l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, dans le cadre de l’ouverture de l’instruction sur ce dossier remis par la Gendarmerie nationale, est faite en tant que mis en cause ou témoins. L’incarcération des frères Tahkout a provoqué, hier, une réaction surprenante chez les travailleurs de l’entreprise éponyme des transports universitaires, qui se sont abstenus d’assurer le transport aux milliers d’étudiants dans plusieurs universités du pays où l’entreprise détient des contrats avec les œuvres universitaires.

Selon plusieurs médias lourds ayant rapporté l’information en images, l’arrêt subit des bus universitaires portants le logo de Tahkout intervient en signe de solidarité des travailleurs avec leurs patrons incarcérés. Des organisations estudiantines ont vite réagi, dénonçant cet état de fait qu’ils considèrent comme étant «une prise d’otage par les travailleurs de l’entreprise dans une affaire purement judiciaire».

D’ailleurs, le directeur général des œuvres universitaire a déposé, hier, une plainte contre l’entreprise Tahkout pour «grève illégale et sans préavis». Eu égard aux personnes citées qui, en majorité, sont en relation avec le secteur des transports et celles mises sous mandat de dépôt, à l’instar d’Abdelkader Benmiloud, ancien directeur de l’ETUSA (Entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger), le chargé des transactions publiques à la direction des transports de la wilaya d’Alger, tout porte à croire que le dossier le plus lourd pris en charge par le magistrat instructeur près le tribunal de Sidi M’Hamed est celui inhérent à l’entreprise de transport universitaire appartenant à Tahkout.

Quant à l’incarcération de ses frères, Hamid et Rachid, et de son fils Bilal, les mêmes sources évoquent leur citation dans les dossiers liés à l’automobile représentée par les sociétés TMC et Cima Motors (montage et commercialisation de la marque sud-coréenne Hyundai) et les «indus privilèges» dont ils auraient bénéficié dans le cadre de ces investissements. Le même juge d’instruction a également cité 180 témoins dans ce dossier, selon El-Bilad TV.

M. A. T