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PRINTEMPS BERBÈRE - 20 avril 1980 - 20 avril 2019

Tizi-Ouzou commémore son printemps

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Une grande marche a eu lieu dans la ville de Tizi-Ouzou, hier, à l’occasion de la commémoration du double anniversaire du printemps berbère de 1980 et du printemps noir de 2001.

Ils étaient plusieurs milliers de citoyens à sillonner les artères de la ville des genêts, pour célébrer ce rendez-vous qui symbolise la lutte pour la réappropriation de l’identité amazighe et le combat pour les libertés et la démocratie. Les marcheurs étaient de tous les âges, avec néanmoins une grande majorité de jeunes des deux sexes, mais également des familles avec de très jeunes enfants en tenues traditionnelles kabyles.

On aura constaté une certaine différence des slogans par rapport à la marche de la veille, puisque la revendication identitaire fut le pivot de cette marche du 20 avril, à laquelle se sont néanmoins greffées les revendications devenues classiques depuis le 22 février. Dès le début de la marche, qui s’est ébranlée du portail de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou et tout au long de l’itinéraire, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au pouvoir, tels «Pouvoir assassin» ou «Ulac smah ulac», entrecoupés de chants patriotiques et de chansons du Rebelle Matoub Lounes dont les portraits étaient omniprésents.

L’on voyait également des portraits des victimes du printemps noir, ainsi que des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Ass-a, azekka, Lwennas yella yella» ou encore «Anwi wigi, d Imazighen». Arrivés au niveau de l’hôpital Nedir Mohamed, les marcheurs ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes de la cause berbère et des martyrs de la démocratie. Dans le calme et dans une organisation impeccable, les manifestants ont poursuivi leur marche en empruntant le même itinéraire des marches du vendredi vers la Place de la bougie. Les marcheurs se sont ensuite dispersés dans le calme, sans qu’aucun incident n’ait été déploré. Il faut dire que les services de sécurité qui encadraient les marcheurs en civil se sont faits très discret et à aucun moment ils n’ont eu à intervenir.

F Moula.