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TRADITION - Combats de cornes

Un jeu séculaire à maintenir

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À Bejaia, c’est à dire dans les quartiers la vieille ville de Bejaia et dans les villages avoisinant la capitale des Hammadites, il se pratique sans doute depuis des siècles, le deuxième jour de l’Aïd Amokrane et parfois les jours suivants, le jeu des combats de cornes de moutons, sacrifiés la veille, le jour de l’Aïd. C’est un jeu pour les enfants qui font cogner entre elles les cornes de moutons fixées au bout d’un bâton.

Il s’agit d’un jeu pratiqué uniquement par les enfants et qui n’a rien à voir avec les combats de moutons qui se pratiquent aussi à Bejaia mais discrètement et à longueur d’année et où des sommes d’argent importantes sont souvent pariées. Le jeu des combats de cornes consiste pour les enfants âgés environ entre 10 et 15 ans à faire heurter fortement les cornes de moutons fixées au bout d’un bâton. Le vainqueur est celui qui réussit à casser la corne de son adversaire. Mais comme les cornes sont solides, c’est le bâton qui est constitué souvent d’un manche à balai ou d’un bâton de fortune qui se casse.

Pour mettre de son côté toutes les chances de gagner, il faut disposer d’un bon bâton d’oléastre que le joueur introduit dans une bonne corne annelée et torsadée. Corne assez rare puisque les moutons qui les portent sont les béliers qui coûtent cher et donc hors de portée des familles modestes. Il n’y a pas d’enjeu, les enfants jouent uniquement pour s’amuser. Il n’y a pas d’élimination, si un joueur perd la partie, il change d’adversaire et continue à jouer.

Le jeu se pratique dans les quartiers sur les trottoirs et les places publiques. Ce jeu est si prisé chez les enfants à Bejaia qu’une association en l’occurrence celle de la sauvegarde et la promotion du patrimoine culturelle de Bejaia, pour maintenir et raviver cette tradition, organise depuis quatre ans les lendemains de l’Aïd, un concours de combats de cornes pour les enfants âgés entre 5 et 15 ans. Les gagnants reçoivent généralement un trousseau composé d’affaires scolaires.
B Mouhoub