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BARBACHA - La Fête de l’huile d’olive clôturée avant-hier

Un succès à fructifier

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Développer l’agriculture de montagne et inciter les jeunes à travailler la terre et à valoriser les produits du terroir pour créer un créneau attractif au service de l’industrie agro-alimentaire. C’est l’objectif assigné à la 4e édition de la Fête de l’huile d’olive, qui a eu lieu au CSP de Barbacha du 3 au 5 de ce mois de janvier. Une fête initiée par la subdivision agricole d’Amizour, avec le concours de l’APC, de la daïra de Barbacha et du mouvement associatif local.

Plusieurs conférences étaient au menu de cette manifestation, à la fois économique et culturelle. Des experts en agriculture et en nutrition ont mis en exergue les vertus des produits du terroir et de la nourriture Bio, pour assurer une alimentation saine à la population. Des universitaires et investisseurs dans l’oléiculture et l’apiculture ont partagé leurs expériences et connaissances avec les jeunes agriculteurs locaux, pour optimiser cette pratique et améliorer la production. A côté de ce volet thématique et pédagogique, un espace d’exposition et de vente des produits du terroir a connu un afflux record.

Outre l’huile d’olive, plusieurs autres produits ont garni différents stands de l’exposition, où se sont mélangés les aromes et les essences de condiments ayant constitué les aliments de base pour plusieurs générations. Des olives semi-sèches ou conservées, aux dérivés de l’huile, la figue sèche, la citrouille, les céréales de montagne, la caroube, le miel et tous ses dérivés ont eu leur place. «Je ne rate jamais ce genre de manifestations. Je suis accro aux produits du terroir, bien de chez nous, c’est ma pharmacie», nous confia un visiteur venu avec ses enfants. Un autre visiteur, un sac plein à la main, dira : «Il faut revenir à tous ces produits, d’abords pour le bien-être qu’ils procurent et pour soutenir et aider ses agriculteurs à vendre leurs produits pour créer des richesses».

Valoriser le produit local

Ces consommateurs jugent que les prix proposés sont variés mais raisonnables, si l’on prend en compte les prix des aliments BIO importés. Ils affichent leur solidarité avec les producteurs locaux. «Il est nécessaire d’aider l’agriculteur de montagne qui exerce cette activité avec des moyens dérisoires, mais tente tant bien que mal de préserver ce trésor de notre culture gastronomique», nous fera savoir Rabah, géologue à la retraite et gérant d’une huilerie traditionnelle. Notre interlocuteur expliquera : «Il faut appuyer les agriculteurs locaux pour une meilleur production jusqu’à inonder les marchés en produits du terroir et à partir de là les prix vont baisser.

L’offre est faible par rapport à la demande, surtout pour ce qui est de l’huile d’olive et même des produits de la ruche, dont les prix affichés lors de cette exposition varient entre 5 000 et 6 000 DA le litre de miel, de 800 à 900 DA le litre d’huile d’olive et de 1 200 à 1 500 DA le Kg de la figue sèche locale. Parmi les 50 exposants ayant pris part à cette manifestation, plus de la moitié ont exposé de l’huile d’olive. Boualem, du Village Agueni N’Sihel de Barbacha, possédant à lui seul un millier d’oliviers, avoue que cette année le rendement en olives est faible. De son côté, Ahmed, un autre producteur et gérant d’une huilerie, confirme mais précise que la production d’huile est meilleure que l’année passée.

Il y avait aussi des œufs, des amandes et des noix sur les étalages, ainsi que du lait de chèvre et de vache et leurs dérivés. Des outils traditionnels, utilisés en tissage, en agriculture ou des ustensiles anciens, gardés jalousement par l’association d’Ighil Larbaa, étaient également exposés. Lesquels objets n’ont pas manqué d’attirer la curiosité des visiteurs, surtout les plus jeunes. La Fête fut ainsi l’occasion pour beaucoup de jeunes d’entrevoir une possibilité de s’investir dans le créneau de transformation et de conditionnement de certains produits.

De la production à la transformation

Avec la figue de Barbarie, par exemple, on a fabriqué du vinaigre de grande qualité, une huile considérée comme la plus chère. Il y a aussi des jus, des shampoings et plusieurs produits issus de transformations de fruits sauvages, comme le lentisque. Un autre jeune, voulant perpétuer l’activité familiale de séchage et conservation de certains produits saisonniers, en a fait son gagne-pain, en intégrant les conditions normatives de conservation. La manifestation fut également l’occasion pour les agriculteurs d’exprimer leurs difficultés quotidiennes.

Les responsables locaux se sont engagés à répondre à leurs doléances, notamment des demandes d’aides financières ou de locaux. «Je crois que nous avons atteint notre objectif, car aujourd’hui nous avons vu de quoi sont capables nos jeunes agriculteurs qui ont relevé le défi du retour au travail de la terre. Ils ont réussi à en faire vivre des familles entières. Nous sommes aussi satisfaits du nombre de jeunes qui sont venus visiter et découvrir ces différents métiers relevant de l’agriculture», estime Nadir Rabia, subdivisionnaire agricole d’Amizour lors de l’allocution de clôture de la Fête, le samedi dernier. Soulignons qu’une soirée musicale animée par des chanteurs de la région a marqué la fin de cette 4e édition de la Fête de l’huile, sous l’œil attentif du comité organisateur, pour un finish en beauté.

Nadir Touati