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Violences et misères des délinquants

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Par Ali BOUDJELIL
Quand un enfant ouvre les yeux et les oreilles sur un instrument de musique que joue son père, sa mère, son frère ou sa sœur, il ne peut sourire toute sa vie qu’à la vie. Mais s’il n’assiste qu’à des scènes et des querelles de ménage, il sera porté, bien malgré lui, sur la violence qui fera de lui un délinquant que son environnement extérieur se réduira malheureusement à regarder d’un œil complaisant. Ce délinquant, qui n’a assurément pas faim, arrachera forcément un jour le collier d’une passante, le poste-cassette d’une voiture, le portefeuille et le portable d’un voyageur.

Donc, l’éducation commence d’abord dans la famille, ensuite dans le quartier et enfin à l’école. C’est tout un orchestre qui se doit de veiller à l’harmonie de l’enfance et de l’adolescence. Car quand le policier ou le gendarme intervient, c’est souvent pour ouvrir les portes d’un centre de redressement. Mais les forces de l’ordre peuvent-elles redresser concomitamment les membres de la famille du délinquant et ceux de sa société qui l’ont mis sur la fausse route ? Chaque mois, les bilans de la Sûreté urbaine font état des effets secondaires des manquements et de la passivité des êtres qui entourent le jeune né pour s’épanouir et non pour agresser.

«Il faut tout un village pour éduquer un enfant», sentence d’Hillary C. Car si les villageois n’accordent pas leurs violons, ils devront vivre avec les fausses notes qu’ils auront produites. Et bonjour les dégâts ! Des dégâts que la psychologie et les internements ne réparent que rarement. Le vol et l’agression sont vus quelquefois, à tort ou à raison, comme une réponse du délinquant à la société, l’accusant d’avoir failli. Et si cela peut être compris, ne serait-il pas recommandé que tout un chacun concoure à mettre en place une canalisation qui ne laissera plus se déverser dans la nature des rebuts que la morale réprouve ?

Cependant, à voir sur les routes, les boulevards et les avenues, des inconscients traverser sans se soucier des dangers qui les guettent, l’on ne peut que se demander s’il ne s’agit pas aussi d’une atteinte à l’ordre public et surtout à la liberté du conducteur, obligé, le pauvre, à rouler prudemment pour ne pas avoir sur la conscience la mort ou le handicap d’un piéton que la nature n’a pas pourvu de frein ABS. Et ce jour-là, l’agent de l’ordre public sera secondé de manière policée dans sa tâche.
A. B.