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AMAR BERZOUG, directeur de l’ADE de Tizi-Ouzou

« Voilà notre programme pour 2019… »

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Amar Berzouk
Amar Berzouk

Le directeur de l’Algérienne des eaux de la wilaya de Tizi-Ouzou, Amar Berzoug, parle dans cet entretien du nouveau programme mis en place pour mettre fin au stress hydrique.

La Dépêche de Kabylie : La Kabylie, notamment la wilaya de Tizi-Ouzou, en dépit de certaines améliorations, souffre toujours de manque d’eau. Des villages entiers restents plusieurs semaines, voire mois, sans eau dans les robinets. Y a-t-il un plan envisagé pour remédier à la situation ?
Amar Berzoug
 : En effet, tout un ambitieux programme est en cours de réalisation pour améliorer significativement notre service et mettre fin aux pénuries d’eau, mais aussi à la disparité de la distribution. Nous sommes derrière plusieurs projets entrant dans le cadre du programme d’urgence d’un montant global de 2 milliards de dinars. Ce programme a été initié par le ministre des Ressources en eau lors de sa visite, en avril dernier, dans la région. Un programme qui concerne la résorption de l’ensemble des points noirs à travers la wilaya de Tizi-Ouzou. Il s’agit, entre autres, de la rénovation de la chaîne de Tassadort, de la chaîne MTI (Makouda – Tigzirt – Iflissen), des stations de refoulement d’Aït Yahia Moussa et de Fréha ainsi que d’autres opérations. Les travaux sont en cours ce qui va nous permettre de mettre fin au stress hydrique durant la saison estivale que nous préparons d’ors et déjà. Au chef-lieu de wilaya, la deuxième phase de la réhabilitation du réseau de la ville concernera les quartiers de Tala Allam, Tours-villas, Bouaziz et le quartier Sud-ouest. Le projet de transfert de l’eau à partir du barrage Tichy Haf est en bonne voie. Ce projet mettra aussi un terme à la rareté de l’eau dans la région de Bouzeguène et ses environs.

Et qu’est-il prévu pour les communes de la façade maritime ?
Pour les communes de la façade maritime, il est question de la construction d’une nouvelle station de dessalement d’eau de mer, une station qui sera implantée à Tamda Ouguemoune, au lieu du transfert d’eau via la SDEM (Station de transfert d’eau de mer) de Cap Djinet, comme prévu initialement.

La décision du payement des dettes des communes par le ministère de l’Intérieur et des collectivités locales et de l’aménagement du territoire (MICLAT) constituera certainement une bouffée d’oxygène pour l’ADE…
Tout à fait, en effet, depuis la réunion interministérielle du mois d’août dernier, le ministère de l’Intérieur a décidé de payer les dettes des communes d’un montant de 510 millions de dinars. Les effets positifs commencent déjà à se faire sentir. D’autres moyens ont été également mis à notre disposition pour prendre en charge la gestion des huit communes que nous ne gérons pas encore. Il s’agit des communes d’Illilten, Ath Ziki, Idjer, M’Kira, Akbil, Mekira, Ait Bouadou et Zekri. Nos effectifs ont été également renforcés, ce qui nous a permis d’améliorer nos prestations, de renforcer notre présence sur le terrain et d’élever le taux de recouvrement. La situation s’améliore d’une manière constante.

Et que fait l’ADE pour surveiller la qualité de l’eau distribuée ?
Rien que cette année, nous avons ouvert un nouveau laboratoire pour le contrôle et le suivi de l’eau distribuée à travers le territoire de la wilaya, à l’effet bien sûr de préserver et de protéger la santé de la population. Les analyses physicochimiques, bactériologiques se font régulièrement. La lutte contre les maladies à transmission hydrique et les enquêtes épidémiologiques sont une priorité pour notre entreprise. Nous faisons aussi le maximum pour réparer les points noirs et les fuites d’eau pour, justement, éviter la déperdition et le gaspillage de cette denrée rare et précieuse.

Qu’en est-il du prix du mètre cube d’eau ?
Le tarif du mètre cube d’eau est un handicap pour notre entreprise. Le mètre cube d’eau nous revient à 45 DA en moyenne, nous le proposons aux ménages à 18 DA. Les factures et les redevances de la SDC restent aussi un handicap pour l’Algérienne des eaux. Les créances de la SDC s’élèvent à 600 millions de dinars. C’est dire que notre service est presque gratuit pour les ménages. L’eau c’est la vie. L’ADE a besoin du citoyen pour construire et aller de l’avant. Nous devons tous ensemble travailler main dans la main pour préserver et pérenniser ce service public. L’État, de son côté, fait de grands efforts dans ce domaine, le consommateur doit aussi éviter le gaspillage, le piratage et surtout honorer sa facture de consommation. Ce service public est un acquis qu’il faut préserver et léguer aux futures générations

Entretien réalisé par H. T.