France – Algérie, l’Histoire qui bégaye !

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S. Ait Hamouda

L’Histoire est en train de bégayer entre l’Algérie et la France au sujet des crânes et des victimes des expériences nucléaires. Ce sont des sujets «très sensibles, complexes et qui demandent du temps et des spécialistes», a affirmé le ministre des Moudjahidine, jeudi dernier, lors d’une conférence de presse qu’il a tenue à Bouira. Certes, cette aspiration doit être, à tout le moins, précédé d’un mea culpa de la part de la puissance coloniale, et ce ne fut pas le cas, mais il s’avère que les choses demandent du temps.

Il parait que pour régler ces problèmes, il va falloir saisir leur complexité et faire intervenir des spécialistes, en quoi ? En tout et rien ? Des universitaires français et algériens, entre autres Mohamed Harbi, Benjamin Stora, Olivier Le Cour, ont dit qu’ils voulaient «contribuer à sortir de l’oubli l’une des pages sombres de l’histoire de France, celles dont l’effacement participe aujourd’hui aux dérives xénophobes qui gangrènent la société française».

Mais l’Histoire entre les deux pays s’encombre d’incompréhensions et de tergiversations, du côté français, par beaucoup de négations du martyre de ces combattants. Qu’ont-ils à faire les crânes dans un musée français ? Leur place est dans leur pays où ils devraient avoir des tombes dignes de leur sacrifice. Il y a aussi les irradiés d’In Ekker, qui ont servi de cobayes aux expériences nucléaires du colonisateur français.

Là, les Français demandent l’application d’une loi française. Mais l’Algérie rejette celle-ci, parce qu’elle est en droit d’exiger l’indemnisation de ceux, vivants comme morts, contaminés des suites de ces essais à la bombe atomique. Les peuples colonisés ont fait les frais des expériences nucléaires hexagonales, sans pour autant être indemnisés comme le veut la logique, comme le veut la raison, comme le veut le bon sens.

Mais ce serait méconnaitre l’occupation d’un pays par une puissance étrangère, qui obéit à une norme injuste, qui ne reconnait le juste qu’à l’aune de ses exagérations et de ses spoliations, point à la ligne. Qu’à cela ne tienne, l’Algérie est en droit de demander réparation des crimes subits, des exactions commises à son détriment par l’occupant.

S. A. H.

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